Les News du Nord Vaudois

En collaboration avec le journal La Région.

02 juin 2017

Les villages de la région ont bu la tasse

Nord vaudois – Des trombes d’eau se sont abattues sur plusieurs localités de la région, mercredi en début de soirée. 75 personnes du SDIS régional ont été mobilisées dans une dizaine de communes pour faire face aux inondations.

Plusieurs membres de la Jeunesse de Cuarny ont donné un coup de main aux villageois -ici un agriculteur- victimes des intempéries. ©Carole Alkabes

Plusieurs membres de la Jeunesse de Cuarny ont donné un coup de main aux villageois -ici un agriculteur- victimes des intempéries.

Il fallait s’y attendre. Après près de dix jours de soleil radieux et de températures estivales, le ciel bleu a fait place aux orages et aux intempéries, mercredi en début de soirée. Plus violents qu’escompté, ils ont causé de nombreux troubles dans plusieurs localités de la région, nécessitant l’intervention du Service incendie et de secours (SDIS) régional du Nord vaudois.

«Il a plu 50 litres au m2 en moins d’une heure. Ça descendait du toit, de la forêt, des champs, de partout. Les conduites étaient toutes bouchées.» Tôt au lendemain des intempéries, Armand Zulauff, de Cuarny, est déjà à pied d’oeuvre. Les bottes jusqu’aux genoux, il nettoie. «Il y avait jusqu’à 30 cm d’eau dans mon hangar. Les pompiers sont restés jusqu’à 1h30 du matin pour tout pomper. Maintenant, il faut nettoyer», détaille l’ancien agriculteur. Les machines agricoles, les machines-outils et le petit matériel, tout y est passé. «La tondeuse et le compresseur sont raides. Pour le reste, il faudra tout sortir du hangar, nettoyer, et ranger. J’en ai bien pour une semaine de boulot», souffle le Nord-Vaudois, pas abattu par ce coup du sort. «C’est la vie. Souvent, ce sont les autres qui sont touchés. Cette fois, c’est moi. Il n’y pas mort d’homme», conclut l’intéressé.

A Cronay, les membres du Service de défense incendie et de secours (SDIS) du Nord vaudois ont été déployés pour une quinzaine de cas d’inondation. ©Carole Alkabes

A Cronay, les membres du Service de défense incendie et de secours (SDIS) du Nord vaudois ont été déployés pour une quinzaine de cas d’inondation.

Cuarny n’est de loin pas la seule commune à avoir subi les intempéries de plein fouet. A quelques encablures de là, Cronay en a aussi fait les frais. «Nous étions en séance de Municipalité lorsqu’une vague d’eau a déferlé du haut du village vers le centre de la localité, confie le syndic Fabrice Tanner. Nous avons décidé d’annuler l’assemblée et avons chaussé nos bottes pour aider les habitants victimes des dégâts d’eau. Parfois, il y avait plus d’un mètre et demi d’eau au fond des caves.»

Trois véhicules de l’entreprise grandsonnoise Cand-Landi ont été chargés de nettoyer les rues, hier dans la journée. «Un camion a également été spécialement réquisitionné pour remettre la STEP, immergée et hors d’usage la veille, en état», explique le syndic.

 

42 inondations

 

La nuit a été courte pour les hommes du SDIS régional du Nord vaudois. Alarmée un peu avant 19h, l’association intercommunale a mobilisé quelque 75 personnes, pour certaines jusqu’à 4h hier matin. «En tout, nous avons été appelés pour 42 cas d’inondations et deux cas de pollution, dus à des citernes à mazout renversées», lâche le chef d’intervention Christophe Masson. Sur les dix localités touchées par les intempéries, celles de Cronay (16 interventions) et de La Mauguettaz (10) remportent la «palme».

 

Le tunnel autoroutier de Pomy inondé et fermé

 

A Vaulion, la grêle s’est abattue mercredi dernier, forçant certains automobilistes à s’immobiliser. ©Pierre Blanchard

A Vaulion, la grêle s’est abattue mercredi dernier, forçant certains automobilistes à s’immobiliser.

Conséquence directe des trombes d’eau tombées mercredi soir à la suite des violents orages, le tunnel autoroutier de Pomy (A1) a été momentanément fermé à la circulation dans le sens Yverdon- les-Bains – Payerne, pour cause d’inondations. «Vers 19h30, les canalisations présentes à l’intérieur du tunnel ne sont pas parvenues à absorber toute l’eau de pluie. Elles en ont refoulé une partie sur la chaussé, la rendant, ainsi, impraticable à la circulation», détaille Jean-Philippe Sauterel, officier de presse de la Police cantonale. Durant deux heures, les automobilistes circulant en direction de Payerne ont été priés d’emprunter la route cantonale, via Yvonand.

Après une évacuation «naturelle » de l’eau par les voies de canalisation et le nettoyage de la chaussée, le tunnel a été réouvert à la circulation à 21h20, à une vitesse, toutefois, limitée à 60 km/h jusqu’à hier matin.

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02 juin 2017

Nouveau concept de mobilité pour le secteur de la plage

Avenue de la Plage à double sens et route de la Grève de Clendy réaménagée

Le nouveau concept doit permettre d’éviter l’anarchie des jours de grande chaleur... ©Isidore Raposo

Le nouveau concept doit permettre d’éviter l’anarchie des jours de grande chaleur…

Même s’il n’a pas encore été entériné par la Municipalité -il devrait être soumis à l’Exécutif en automne et devra ensuite être ratifié par l’Etat-, le nouveau concept de mobilité dans le secteur de la plage est assez clair. Il devrait être appliqué dès 2018 -avec l’introduction du 30 km/h dans le secteur-, année prévue également pour la généralisation du macaron dans toute la ville. En effet, l’idée d’une introduction par étapes est définitivement abandonnée.

 

Un essai peu concluant

 

Les mesures essentielles consisteront à rétablir le double sens à l’avenue de la Plage ; le chemin de la Grève de Clendy sera en sens unique direction est, et la rue des Pêcheurs, qui longe le Stade Municipal et le tennis, devrait également passer en sens unique (en direction du lac), le retour pouvant être effectué par l’allée de Winterthour, dotée d’une signalisation lumineuse.

L’essai, qui s’éternise, de sens unique à l’avenue de la Plage crée non seulement des situations conflictuelles, mais il contraint surtout les personnes se rendant dans le secteur de la plage à effectuer un détour par l’avenue des Sports et Clendy. Autrement dit, il y a plus de nuisances générées qu’un réel avantage. L’aménagement du giratoire à l’intersection de la rue de l’Industrie et de l’avenue des Sports facilitera ce retour à la situation antérieure.

Le stationnement devrait être supprimé le long de la route de la Grève de Clendy afin de laisser la place à un parcours cyclable. En réaménageant le parking voisin, on devrait devrait pouvoir gagner des places permettant de compenser celles supprimées. Enfin, en ce qui concerne l’avenue des Iris, un système de bornes devrait empêcher le transit.

 

Nouveau passage sécurisé

 

En ce qui concerne l’avenue des Sports, un nouveau passage sécurisé pour les piétons sera construit à la hauteur du centre de badminton. Cette zone est en effet dangereuse pour tous les usagers, en particulier les enfants qui traversent la rue depuis l’école privée.

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02 juin 2017

Faire d’Yverdon une terre hostile

Football – Finales de 1re ligue – Le piège soleurois s’est refermé sur Yverdon Sport, battu 2-1 mercredi dernier. Tout reste, cependant, ouvert pour le match retour de demain, grâce à la réussite de Babacar Dia (95e), dans un Stade Municipal qui devra résonner.

Alexandre Khelifi et Quentin Rushenguziminega devront redoubler d’efforts, demain, pour que l’aventure d’YS continue. ©Gabriel Lado

Alexandre Khelifi et Quentin Rushenguziminega devront redoubler d’efforts, demain, pour que l’aventure d’YS continue.

Des rencontres comme celle qu’il accueillera demain, le Stade Municipal n’en connaîtra plus beaucoup. Bientôt rénovée, l’enceinte yverdonnoise vit ses derniers mois dans sa forme actuelle et, avec eux, ses dernières émotions. La venue du FC Soleure, pour le match retour du 1er tour des finales de promotion, a tous les atouts pour devenir l’une de ces confrontations qui a marqué son histoire. Parce qu’Yverdon Sport est dos au mur, mené 2-1, bousculé, et qu’il a besoin de sentir la ferveur de sa ville pour inverser la tendance et aller au bout de l’aventure.

 

Pas le bienvenu

 

Mercredi dernier, les Soleurois, eux, ne se sont posés aucune question. A l’inverse des Nord-Vaudois, le temps de préparer ce match ne leur a pas été donné. Ils rêvaient de le disputer, c’est tout. Alors, forcément, lorsqu’ils ont appris qu’ils étaient qualifiés pour les finales, dimanche dernier, et qu’ils allaient affronter un adversaire meilleur sur le papier, ils ont tout mis en œuvre pour faire de la réception des hommes d’Anthony Braizat un enfer. Une horde de supporters bruyants, une atmosphère hostile, certains coups à la limite du tolérable… «C’est pourtant comme ça que des finales se jouent», pestait le coach yverdonnois.

Car YS, c’est un fait, a été l’équipe la plus élégante sur le terrain. Les visiteurs ont eu la possession du ballon une bonne partie du temps et se sont créé les plus grosses occasions. L’affaire aurait, d’ailleurs, pu être entendue si Arthur Deschenaux avait transformé ses deux énormes possibilités durant le premier quart d’heure (8e et 10e). Début de match lors duquel les Yverdonnois ont montré l’attitude conquérante qu’on attendait d’eux.

Malgré les efforts incessants de Florian Gudit à mi-terrain, dont la performance est un modèle à suivre les yeux fermés, le piège soleurois a fini par se refermer. «Je pense qu’on était prêts pour ce match, mais le dicton dit qu’à force de manquer ses occasions, on finit toujours par encaisser ensuite. C’est frustrant», lâchait le portier Maxime Brenet, qui n’a rien pu faire sur les deux éclairs suisses-allemands : une contre-attaque parfaitement menée et conclue par Hunziker (16e, 1-0), ainsi qu’une frappe enroulée géniale signée Stauffer (50e, 2-0).

 

Provoquer la réussite

 

Deux réalisations que le 3e du groupe 2 n’aurait probablement pas mises au fond dans un jour normal, mais qu’il est allé puiser dans ses tripes pour une grande occasion. Une réussite qui sépare drastiquement les deux formations, puisqu’Yverdon Sport, qui n’en a que rarement manqué durant la saison régulière, a touché la latte (immense frappe de Rushenguziminega) et le poteau (tentative de Moussilou). Comme un symbole du petit supplément d’âme que les formations d’outre-Sarine sont capables de générer pour les grands événements et qui semble, saison après saison, faire défaut aux Romands.

Tous les espoirs, pourtant, restent permis. A une poignée de secondes du terme, en jetant ses dernières forces dans la bataille et en s’élevant plus haut que tout le monde, Babacar Dia a inscrit un but à la valeur inestimable. Un goal qui, en plus de placer les Verts sur la pente ascendante, relance complètement cette double confrontation. Preuve qu’YS, même bousculé et agressé (Esteban Rossé est sorti se faire soigner en première période avec l’oreille en sang, à la suite d’un coup de coude), reste une équipe au potentiel certain, formée d’éléments qui ont les capacités de se surpasser devant leur public. Reste que, si les joueurs sont prêts à mettre le feu au Stade Municipal, ils ne pourront pas le faire seul. Demain, il faudra faire d’Yverdon une terre hostile.

 

Soleure – Yverdon Sport 2-1 (1-0)

 

Buts : 16e Hunziker 1-0 ; 50e Stauffer 2-0 ; 95e Dia 2-1.

Soleure : J. Grosjean ; Hasanovic, W. Grosjean, Du Buisson ; Nastoski (61e Asani), Schrittwieser, Roch, Hunziker ; Kohler, Stauffer (88e Veronica), Chatton (84e Bisevac). Entraîneur : Hans-Peter Zaugg.

Yverdon : Brenet ; Reis, Rossé, Dia, Cazzaniga ; Chappuis, Gudit, Bamélé (61e Moussilou); Khelifi (78e Gauthier), Rushenguziminega, Deschenaux (51e Eleouet). Entraîneur : Anthony Braizat.

Notes : Stade du FC Soleure, 850 spectateurs. Arbitrage de Daniel Mendes, qui avertit Gudit (28e, jeu dur), Reis (34e, jeu dur), Nastoski (42e, jeu dur), Asani (76e, antijeu), Rushenguziminega (80e, antisportivité), J. Grosjean (83e, antijeu), Moussilou (85e, jeu dur), Koch (94e, antijeu).

 

L’avant-match

Le point avec les équipes de la région

 

Finales de 1re ligue – 1er tour

Yverdon Sport – Soleure, demain à 17h au Stade Municipal.

«On veut mettre le feu au stade, et on espère que le public répondra présent pour nous y aider.» Ainsi a parlé Anthony Braizat en vue du match retour du 1er tour des finales. Dans cette optique, l’entrée sera offerte aux dames, aux étudiants et aux apprentis. Pour le plus gros rendez-vous de la saison jusqu’ici, le coach yverdonnois sera privé de De Pierro, toujours blessé.

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01 juin 2017

Prix du lait, de mal en pis

Agriculture – Les producteurs de lait sont toujours plus nombreux à mettre la clé sous le paillasson. Derrière le malaise ambiant se cache un système opaque, où transformateurs peu scrupuleux et agriculteurs individualistes participent à l’effondrement des prix. Enquête.

Le prix du lait n’a jamais été aussi bas. La faute à des transformateurs avides de bénéfices et à des agriculteurs individualistes. Enquête sur le système opaque de l’industrie laitière. ©Simon Gabioud

Le prix du lait n’a jamais été aussi bas. La faute à des transformateurs avides de bénéfices et à des agriculteurs individualistes. Enquête sur le système opaque de l’industrie laitière.

Le ciel est gris, triste. Un peu comme l’ambiance qui règne dans l’étable perchée sur les hauteurs de Poliez-Pittet, dans le Gros-de-Vaud. Deux boilles de lait prennent la poussière dans le coin de l’ancienne salle de traite et trahissent l’ancienne utilité du lieu. Sur l’exploitation agricole de Patrick Gindroz, on ne trouve plus de vaches aux pis gonflés de lait. Une trentaine de génisses ont remplacé la centaine de laitières que comptait l’exploitation. Il y a deux ans encore, celle-ci était une des plus grosses du canton.

«Plus je travaillais, plus je perdais de l’argent. La courbe du moral a fini par se calquer sur celle du prix du lait.» Un constat amer pour cet amoureux de la terre, qui s’était lancé dans l’aventure du lait en 1992. A 45 ans et la moitié de sa carrière derrière lui, Patrick Gindroz a fait le point. Mais, malgré l’évidence, la décision n’a pas été aisée à prendre.

Les 900 000 litres de lait produits annuellement par son cheptel -c’est plus de quatre fois la moyenne suisse- ont longtemps fait la fierté de l’agriculteur. Mais le temps qui passe, le dur labeur quotidien, ainsi que «l’impression d’être exploité et de travailler pour beurre» ont fait leur travail de sape. «Je me levais à 4h30 du matin et finissais ma journée vers 19h. Le tout pour un salaire horaire dérisoire, déplore l’agriculteur. J’ai longtemps tergiversé, avant de définitivement tourner la page du lait.»

Patrick Gindroz n’est pas un cas isolé. En Suisse, plus de mille producteurs mettent, chaque année, la clé sous le paillasson. En baisse constante depuis des décennies, le prix du lait livré à l’industrie -destiné à être transformé en lait de consommation ou en beurre- se négocie aujourd’hui à 50 centimes le kilo. Soit bien en-dessous du coût de production.

«Après l’abandon des quotas laitiers (ndlr : jusqu’en 2009, un système de contingents attribuait un droit de produire individuel à chaque paysan), le prix du lait était déjà bas, se souvient le Vaudois. Il tournait alors autour des 75 centimes. On se disait alors qu’il ne pouvait que remonter.» Rien de tout ça. Il en a résulté une lutte concurrentielle croissante entre les agriculteurs et, avec elle, une baisse substantielle du prix.

Durant longtemps, la crise n’a touché que les petits producteurs. La donne n’est plus la même aujourd’hui. Même les exploitations les plus performantes se retrouvent acculées. «On est constamment mis sous pression, déplore Patrick Gindroz. On nous demande de produire toujours plus. Des collègues ont investi des millions. Aujourd’hui, alors que tout se casse la gueule, ils n’ont pas d’autre choix que de continuer à produire. C’est la faute à l’industrie, au système.»

 

Le «Milk Four», une filière opaque

 

La fromagerie de Villars-sur-Glâne (FR) est l’un des cinq sites de production de l’entreprise Cremo. Quelque 3500 producteurs des cantons de Fribourg, Vaud, Valais, Berne, Neuchâtel et du Jura sont, aujourd’hui, affiliés au transformateur fribourgeois. ©Simon Gabioud

Le transformateur est souvent désigné comme le «grand méchant loup» de l’industrie laitière suisse. Quelque 2,2 millions de tonnes de lait de centrale sont transformées annuellement en divers produits laitiers ou en fromages. Quatre éléphants de la transformation se partagent aujourd’hui les 90% du gâteau : Emmi, Cremo, Hochdorf Swiss et ELSA (groupe Migros).

Pour l’organisation de défense professionnelle des paysans, le syndicat Uniterre, les quatre mastodontes endossent une grande part de la responsabilité dans la crise actuelle. «L’agriculture est maltraitée de partout. Les producteurs de lait sont humiliés par un groupe d’industriels qui s’en mettent plein les poches et qui n’en ont jamais assez. Seuls les producteurs connaissent la crise. Les autres maillons de la chaîne en sont bien loin», lance l’agriculteur et président de l’association, Claude Demierre.

Pendant longtemps, les industriels et leurs lobbyistes ont promis un avenir radieux aux producteurs, qu’ils ont appelés à investir. Une course à la production aux conséquences dévastatrices. Chaque 20 du mois, le transformateur communique le prix et la quantité de lait qui sera achetée au paysan le mois suivant. Une manière de coller au plus près à la demande de la grande distribution et de ne pas se retrouver avec une trop grande quantité de lait sur les bras.

«Nous annoncer dix jours avant à quelle sauce nous serons mangés n’est pas admissible. Mes vaches n’ont pas de robinet. Je ne peux pas diminuer ma production du jour au lendemain. Du coup, les transformateurs en profitent pour nous racheter le surplus de lait à prix cassé, sans même que l’on puisse se plaindre», peste le producteur d’Ecublens (FR).

Les industriels rejettent les reproches qui leurs sont faits. Cremo, le plus grand groupe de transformation en Suisse romande -le deuxième du pays-, a accepté d’ouvrir les portes de son entreprise basée à Villars-sur- Glâne (FR). «Nous vivons dans un marché libéralisé. Même si le lait et le beurre sont, pour le moment, encore protégés, les autres produits laitiers ne le sont pas ou alors dans une moindre mesure. Nous devons continuellement nous adapter aux prix qui se pratiquent sur le marché mondial», lance Thomas Zwald, secrétaire général de l’entreprise qui transforme près de 500 millions de kilos de lait annuellement.

 

Communauté de destin

 

Patrick Gindroz a vendu ses vaches pour élever des génisses d’engraissement. ©Simon Gabioud

Patrick Gindroz a vendu ses vaches pour élever des génisses d’engraissement.

Pour le groupe fribourgeois, les agriculteurs se trompent de cible. «On est pris en étau entre des producteurs qui veulent des prix toujours plus hauts et, de l’autre côté, la grande distribution, qui fait face au tourisme d’achat de la population et qui cherche à récupérer ses marges chez les fournisseurs», rétorque Andreas Wegmüller, responsable des achats de lait chez Cremo.

Acteur incontournable de la filière laitière en Suisse, Cremo est l’un des acheteurs qui rémunèrent le moins bien leurs producteurs, soit 4-5 centimes par litre en-dessous de son concurrent ELSA (Migros), basé à Estavayer-le-Lac. Impossible toutefois d’avoir accès aux comptes et de connaître la marge dégagée pour chaque litre. Le secret est complet. Question de politique interne.

Selon les dernières estimations avancées par le groupe, le chiffre d’affaires de Cremo avoisinerait les 500 millions de francs pour l’année écoulée. «On est tout à fait conscients de notre part de responsabilité dans la crise actuelle. Mais il ne faut pas oublier que, comme les producteurs, nous sommes des entrepreneurs, avec un business à faire tourner et des exploitations à rentabiliser, justifie Thomas Zwald. D’ailleurs, heureusement que nous faisons du bénéfice. Pour un transformateur, être dans les chiffres rouges signifierait, tôt ou tard, la faillite.»

Autre argument avancé par le membre du conseil d’administration, la question de l’actionnariat : «Il ne faut pas oublier que les agriculteurs affiliés à Cremo sont actionnaires majoritaires de l’entreprise. Ils n’ont donc aucun intérêt à voir leur transformateur disparaître. Et si Cremo devait fermer ses portes, où est-ce qu’ils livreraient tout leur lait ? Nous formons une communauté de destin qui nous oblige à travailler ensemble.»

 

L’agriculteur, cet individualiste

 

Derrière le bouc-émissaire tout trouvé que sont les transformateurs, se cache une autre réalité. Beaucoup moins évidente mais aux effets tout aussi pervers sur la baisse du prix du lait : la concurrence omniprésente entre les agriculteurs.

Il ne reste aujourd’hui en Suisse qu’un peu plus de 21 000 producteurs de lait. Parmi eux, Eric Stoll, à Montagny-près-Yverdon (VD). Il fait partie de ces irréductibles qui continuent tant bien que mal à miser sur la filière. Mais, malgré les 500 000 litres de lait produits chaque année par ses bêtes, l’agriculteur ne parvient pas à joindre les deux bouts. «Les producteurs sont incapables de faire bloc et de se fédérer, confie le propriétaire d’un cheptel de près de huitante têtes. Si l’agriculteur du village voisin peut livrer dix litres payés deux centimes de plus, il va le faire. Personne ne veut prendre le risque de diminuer l’offre ou de faire grève. Etre sage tout seul, alors que les collègues ne lèvent pas le petit doigt, ne sert à rien.»

Le syndicat Uniterre dresse un constat tout aussi amer au sujet du manque de solidarité entre les acteurs de la branche, lui qui peine à fédérer les producteurs pour faire face aux transformateurs. Car derrière les quatre géants de l’industrie laitière, qui ont tous pour objectif de faire baisser le prix du lait, il y a 21 000 agriculteurs et autant d’idées différentes sur la manière et la quantité à produire.

Et puis, il y a cette volonté d’exploiter au maximum ses capacités de production. Même pour quelques centimes de plus, et ce peu importe le choix ou l’avis de son voisin. Une attitude contre-productive, mais ô combien répandue dans la branche.

«Le paysan est le champion du monde des individualistes. Il a les yeux rivés sur le collègue mal en point, afin de l’avaler, jure le producteur fribourgeois. On va droit dans le mur en agissant de la sorte. A mon sens, il manque une structure solide, un véritable gourou capable de nous unir, malgré nos divergences.»

 

Prolait, l’aveu d’échec

 

Le conseiller national Jean-Pierre Grin a fait de l’agriculture son cheval de bataille. ©Simon Gabioud

Le conseiller national Jean-Pierre Grin a fait de l’agriculture son cheval de bataille.

Le costume de messie, c’est Prolait qui aurait dû l’endosser. Mais la fédération laitière est apparue bien incapable de guérir le mal structurel de la surproduction du lait en Suisse. Créée en 2008 pour réunir l’offre laitière des cantons de Vaud, de Fribourg et de Neuchâtel, l’organisation basée à Yverdon-les-Bains n’est jamais parvenue à rassembler assez de producteurs pour tenir tête aux transformateurs, malgré les quelques 1200 agriculteurs affiliés.

Comme les trois autres pools laitiers alémaniques, Prolait achète le lait aux producteurs de la région pour le revendre aux transformateurs, principalement à Cremo. Pour un prix pas plus avantageux que ceux négociés lors de contrats directement conclus entre les paysans et le transformateur fribourgeois. Alors, face à cet aveu d’impuissance, nombre de producteurs préfèrent la jouer solo, en espérant grappiller quelques centimes au passage.

«Il n’y a pas de réelle volonté de tirer à la même corde et de gérer l’offre de manière collective, déplore le directeur de Prolait, Eric Jordan. A ce petit jeu, l’augmentation des quantités de lait produites et livrées à l’industrie est individualisée, mais les conséquences sur les prix sont mutualisées. Le manque d’unité entre les producteurs fait le beurre des transformateurs.»

 

Le lait suisse, la fin d’un mythe

 

La fromagerie de Villars-sur-Glâne (FR) est l’un des cinq sites de production de l’entreprise Cremo. Quelque 3500 producteurs des cantons de Fribourg, Vaud, Valais, Berne, Neuchâtel et du Jura sont, aujourd’hui, affiliés au transformateur fribourgeois. ©Simon Gabioud

La fromagerie de Villars-sur-Glâne (FR) est l’un des cinq sites de production de l’entreprise Cremo. Quelque 3500 producteurs des cantons de Fribourg, Vaud, Valais, Berne, Neuchâtel et du Jura sont, aujourd’hui, affiliés au transformateur fribourgeois.

Le spectre d’une potentielle ouverture des marchés laitiers avec l’Union européenne plane au-dessus de l’agriculture suisse. Cette possible brèche de la «ligne blanche» -par opposition à la «ligne jaune» qui concerne les fromages et qui est, elle, déjà ouverte- fait frémir une branche déjà en ébullition. Le lait, le beurre, la crème, le yaourt et les fromages frais seraient concernés par la suppression des droits de douane. La porte ouverte à une déferlante du lait étranger sur le marché suisse. Dans la zone euro, le litre de lait se négocie actuellement à un peu plus de trente centimes d’euro. C’est donc peu dire que la pression sur les prix serait encore accrue avec l’arrivée sur le marché suisse de lait produit en France, en Allemagne ou en Pologne.

En mai 2014, le Conseil fédéral adoptait un rapport sur les effets d’une libéralisation du marché laitier, et y voyait alors un certain nombre d’avantages. Trois ans plus tard, rien n’a changé. En raison, notamment, du franc fort, le Conseil fédéral a mis en standby cette ouverture de la «ligne blanche» au début de l’année. Un ouf de soulagement pour le milieu agricole, le grand perdant d’un tel accord. «Mais rien n’est encore décidé. On aurait tort de se réjouir trop vite», tempère le conseiller national UDC et agriculteur Jean-Pierre Grin, de Pomy, davantage favorable à une gestion des quantités sur le plan national.

De l’autre côté de la chaîne, on met en garde l’agriculture suisse contre de trop fortes velléités protectionnistes. «Le marché suisse des produits laitiers est en décroissance. Même si la tendance à une ouverture accrue des frontières est freinée, l’incertitude persiste. L’imprévisibilité, ce n’est jamais bon pour les affaires, insiste Thomas Zwald, secrétaire général de Cremo. Si tout était ouvert, les choses seraient au moins claires pour tout le monde.»

Autre risque pour la branche laitière lié à la non-ouverture des frontières : la délocalisation. Une éventualité que rejette, pour l’instant, Cremo, sans pour autant la balayer : «Nous ne l’envisageons pas pour le moment, mais cela fait partie des risques liés à un protectionnisme du secteur laitier à long terme.» Ce n’est peut-être qu’une question de temps, puisque les trois autres gros transformateurs du pays ont déjà franchi le pas, Emmi en tête. Le géant lucernois réalisant aujourd’hui la moitié de son chiffre d’affaires en France.

Selon les dernières estimations, le prix du lait ne devrait pas connaître de nouvelle baisse cette année. La faible mais constante hausse du prix sur les marchés internationaux, en particulier dans la zone euro, et une réduction de l’ordre 2 à 3% de la production laitière en Suisse laissent même entrevoir une légère amélioration dans la branche pour le début d’année prochaine. A voir, toutefois, si l’éclaircie perdurera dans le ciel décidément bien gris des producteurs de lait.

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01 juin 2017

Son assoupissement a coûté la vie à un motard

Nord vaudois – Le procès d’un Chavornaysan s’est déroulé, hier, au Tribunal correctionnel de la Broye et du Nord vaudois. Il est accusé, notamment, d’homicide par négligence.

En plus d’attribuer les frais de procédure au prévenu, le parquet requiert une sanction de 100 jours-amendes -montant du jour-amende de 40 francs- avec sursis de deux ans et une amende de 800 francs. ©Duperrex-a

En plus d’attribuer les frais de procédure au prévenu, le parquet requiert une sanction de 100 jours-amendes -montant du jour-amende de 40 francs- avec sursis de deux ans et une amende de 800 francs.

«J’ai piqué du nez quelques secondes, et lorsque j’ai redressé la tête, j’ai vu une moto juste devant moi», a raconté, hier, un Chavornaysan, d’origine française, aux juges du Tribunal correctionnel de l’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, à Yverdon-les-Bains. Il était entendu au sujet de l’accident de la circulation qui s’est produit, le 23 juillet 2015, sur l’autoroute A1, entre La Sarraz et Cossonay. L’incident, survenu aux alentours de 2h45 du matin, avait causé la mort d’un motard kosovar, âgé de 27 ans. Le prévenu est accusé d’homicide par négligence, en raison de son assoupissement au volant et de la perte de maîtrise de son véhicule, ainsi que d’une conduite en état d’incapacité. Griefs que le Chavornaysan a partiellement admis lors de l’audience.

Parallèlement à ce drame, il lui est également reproché une contravention à la Loi fédérale sur les stupéfiants. Car, au cours de la procédure, l’homme a aussi avoué avoir occasionnellement consommé du cannabis. Chose qu’il a, selon ses dires, totalement arrêté après l’accident.

Comme le prévenu n’a aucun antécédent, le Ministère public requiert une peine de 100 jours-amendes -d’un montant du jour-amende de 40 francs- avec sursis de deux ans, ainsi qu’une amende de 800 francs.

 

Impossible à éviter

 

«J’ai eu l’impression d’arriver directement sur sa roue arrière, poursuit le prévenu, qui roulait alors approximativement à la vitesse autorisée, soit 120 km/h. J’ai senti que j’appuyais sur le frein, mais je le touchais déjà.» L’acte d’accusation précise que, sous le choc, le motard a été projeté contre la glissière de sécurité droite, où il est décédé peu après. Le deux-roues a, quant à lui, glissé sur près de 150 mètres. La voiture fautive a, elle, fait un demi-tour avant de s’immobiliser sur la voie de droite. Son conducteur est rapidement sorti du véhicule et a tenté de signaler l’accident aux automobiles qui le suivaient, mais sans succès. Selon un article du 20 Minutes de 2015, «une ambulance française a percuté l’auto accidentée».

D’après les expertises, la moto n’avait aucun problème technique. Pourtant, le Kosovar, arrivé en Suisse quelques mois avant l’incident, n’avait pas de permis de conduire. Il faisait la route depuis Zurich, où il venait d’aller chercher sa moto. «Il savait conduire parce qu’il roulait depuis l’âge de 15 ans et il n’avait jamais eu de problème pour conduire une moto ou une voiture», a attesté le frère de la victime.

 

Charge émotionnelle

 

Malgré le fait que le prévenu ait reconnu ses fautes, il n’en demeurait pas moins touché par les conséquences de ses actes. Les deux jambes tremblantes, les mains serrées et les doigts croisés, il a confié à l’audience : «Durant six mois (ndlr : dont trois mois de retrait permis suite à l’accident), j’étais incapable de reprendre le volant. Et à chaque fois que je passe à l’endroit où ça s’est passé, je ne peux pas m’empêcher de repenser à l’accident.»

La mère du motard décédé est venue exprès depuis le Kosovo pour assister au procès. «C’est très dur pour une maman de perdre son enfant, confie-t-elle par le biais d’un interprète. Je suis là aujourd’hui, mais je souffre.» D’après son avocat, la famille kosovare, dont sept de ses membres se sont portés ensemble partie dans la procédure civile et pénale, ne cherche pas à condamner lourdement le prévenu. Elle souhaite que la justice reconnaisse sa souffrance et son amour envers la victime. Et demande plus de 35 000 francs en guise d’indemnité pour tort moral. Un montant discuté par la défense (lire ci-dessous).

L’audience s’est conclue sur les excuses du prévenu adressées à la famille de la victime. Le tribunal rendra son jugement dans les prochains jours.

 

Le prix d’une vie

 

En cas de décès, les proches de la victime demandent généralement des indemnités pour tort moral. Dans cette affaire, la famille demandent plus de 35 000 francs. Or, l’avocat de la défense estime que la somme devrait plutôt osciller entre 10 000 et 15 000 francs. Celui-ci a invoqué un arrêt du Tribunal fédéral dans lequel il a été admis que lorsque les lésés sont domiciliés à l’étranger et qu’il existe une différence sensible du coût de la vie entre les pays en question, l’indemnité peut être réduite. A noter que l’Office fédéral de la justice a édité un guide permettant de calculer le montant de la réparation morale alloué aux lésés et à ses proches.

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01 juin 2017

Près de trois décennies au service du hockey sur glace romand

Hockey – Président de la section romande de la Regio League, le Sainte-Crix Philippe Duvoisin va remettre son tablier en fin de semaine prochaine. Rencontre avec un homme apprécié autour des patinoires.

Passionné de hockey, Philippe Duvoisin continuera de se rendre aux matches dans toute la Suisse romande et au-delà. ©Carole Alkabes

Passionné de hockey, Philippe Duvoisin continuera de se rendre aux matches dans toute la Suisse romande et au-delà.

Patron -bien qu’il n’aime pas le terme- du hockey romand régional depuis huit ans, membre du comité depuis 29 printemps, Philippe Duvoisin va passer le témoin à son second, l’Ecublanais Philippe Raboud, lors de l’assemblée prévue à la vallée de Joux en fin de semaine prochaine. Le Sainte-Crix de 65 ans a décidé de passer la main pour se consacrer à ses autres activités, à ses loisirs et à sa famille.

 

 

Philippe Duvoisin, comment se porte le hockey romand ?

Il va bien. Je m’en vais alors que tout roule, même si demeurent quelques soucis dans le recrutement. Alors que la base s’élargit, la pyramide s’amincit trop vite. On perd beaucoup d’enfants entre les premières années et les moskitos (10-12 ans).

 

Que faire pour inverser cette tendance ?

La base du problème n’est pas évidente à identifier. Je crois qu’on doit regarder au plaisir de l’enfant. On commence, par exemple, à organiser des ateliers en mélangeant les jeunes des différentes équipes plutôt que des matches. Ce peut être une piste pour que le résultat ne prenne pas trop d’importance trop vite. La Suisse romande est souvent pionnière lorsqu’il s’agit de tester les nouvelles idées. On souhaite, notamment, introduire des tournois sur une journée pour les moskitos, plutôt que des rencontres chaque semaine. Cela permettrait de limiter les déplacements.

 

Vous avez participé à la création de cette «super 1re ligue», qui débutera en septembre. Qu’en pensez-vous ?

J’ai toujours été derrière ce projet, qui s’appellera finalement MySports League. Cela va réduire la différence, qui était trop importante, entre la LNB et la 1re ligue. Il fallait trouver un échelon intermédiaire. Cela va, aussi, permettre de rééquilibrer la 1re ligue classique, qui était coupée en deux, entre les clubs les plus fortunés et les autres.

 

Quels sont les autres chantiers d’importance en cours ?

A terme, l’objectif est d’éliminer les charges dans les catégories espoirs, du moins jusqu’aux juniors A, ainsi qu’en 3e et en 4e ligue. Cela va demander un peu de temps.

 

Pour votre part, quittez-vous définitivement les patinoires ?

Non, j’irai toujours voir des matches, ce que j’adore faire. Je vais aussi prendre quelques mandats qui concernent des projets entamés, comme celui de trouver une entente entre les championnats corporatifs et la 4e ligue.

 

Quant à votre frère, Alain, qui est aussi au comité, va-t-il prolonger son mandat ?

Oui, il devrait prendre la vice-présidence. Il est, pour la petite histoire, entré à la Romande en même temps que moi.

 

Finalement, que retenez-vous de ces 29 années au comité ?

Tout d’abord, 99% de plaisir. Ça a été beaucoup de belles rencontres. J’ai apprécié côtoyer les gens. Et j’ai eu la chance de travailler avec des personnes de la trempe de Jean Martinet, lorsqu’il est devenu vice-président de la Fédération. (ndlr : l’emblématique président de Fribourg-Gottéron, originaire de Vuiteboeuf, est décédé l’an dernier). Je me souviens qu’il était fier de raconter qu’il donnait rendez-vous à 4h du matin à Saint-Léonard à son comité pour travailler. Pour lui, la journée était faite pour travailler, et la nuit, il y a des ampoules. Je garde aussi en souvenir tous les moments passés lors des finales suisses de la Regio League, et notamment quand c’est un club romand qui a gagné, comme ça a été le cas cette année avec Sion en 1re ligue. C’est pareil avec les jeunes. On est, alors, fier du travail accompli.

 

Tout a commencé sur la patinoire naturelle

 

Commandant de la Protection civile région Grandson à la retraite depuis quatre ans, Philippe Duvoisin est toujours actif en tant que municipal à Sainte-Croix. Quant au hockey, il l’a commencé quand, à ses 12 ans, il a été repéré par le club local durant un tournoi scolaire organisé sur la glace naturelle au cœur de la localité. «J’ai d’abord évolué en tant qu’ailier, puis je me suis retrouvé goalie. Je n’étais pas très bon», glisse l’intéressé, tout sourire.

A 19 ans, désireux de se rendre à l’étranger, il est parti travailler en Afrique du Sud, où il est resté deux années. Là-bas, il allait encourager une équipe de Suisses qui disputaient des matches de hockey sur une glace circulaire, dans un centre commercial de Johannesbourg. «A mon retour sur le Balcon du Jura, au milieu des années 70, on m’a demandé de reprendre le HC Sainte-Croix, qui était dans les chiffres rouges. Il manquait 3000 francs, une somme importante à l’époque, se souvient-il. J’avais accepté, car j’aime les challenges. Je m’étais laissé six mois pour remettre le club à flot, sans quoi on arrêtait tout.» L’incroyable succès rencontré lors du bal du Nouvel-An, qui avait rapporté 9000 francs, avait permis de poursuivre l’aventure. Philippe Duvoisin est resté une dizaine d’années à la tête du club, avant de rejoindre la Ligue romande, passant par toutes les étapes, d’administrateur de la 4e ligue à ses débuts au poste de président régional ces huit dernières années.

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31 mai 2017

Un vautour fauve s’invite à Juraparc

Vallorbe – Le charognard a été observé ces deux derniers jours dans le Jura. Sa présence est de plus en plus fréquente, selon les spécialistes. Il pourrait même y passer l’été.

Le volatile s’est laissé photographier hier dans la matinée. ©Christian Greutert

Le volatile s’est laissé photographier hier dans la matinée.

Fait rare, mais pas exceptionnel, un vautour fauve a été observé, ces deux derniers jours, au parc animalier de Juraparc. Posé sur une branche d’un sapin surplombant le parc à bisons, le charognard semble se plaire sur les hauteurs du Mont d’Orzeires.

«C’est une espèce d’oiseaux qui est régulièrement de passage sur les crêtes du Jura, confie Luc Jacquemettaz, surveillant de la faune pour le canton de Vaud. Lorsqu’il fait grand beau, comme ces derniers jours, porté par les courants ascendants, il quitte sa zone de nidification, au Sud de la France et en Espagne, et part à la recherche de nourriture. Mais, le plus souvent, il est observé en vol.» Ce n’est pas la première fois qu’un individu de cette espèce de charognard est aperçu au Mont d’Orzeires. «En 2007 et en 2010, un vautour fauve avait déjà été brièvement observé», détaille le spécialiste.

Le photographe amateur qui a immortalisé l’animal, Christian Greutert, raconte : «Lorsque je suis arrivé sur place, lundi dernier, j’ai vu ce vautour dans l’arbre. Il s’est laissé photographier sans problème.» S’il n’a pas prêté garde à la présence des humains, il n’en a pas été de même avec les grands corbeaux, présents toute l’année sur les lieux. «Ils n’ont pas eu l’air de trop apprécier sa présence, confie encore le photographe glandois. Ils ont essayé de le chasser de leur territoire. En vain.»

«Le charognard a peut-être été attiré par la viande donnée aux ours.» Michel Antoniazza, ornithologue ©Duperrex-a

«Le charognard a peut-être été attiré par la viande donnée aux ours.» Michel Antoniazza, ornithologue.

Pour l’ornithologue Michel Antoniazzia, cette «lutte» entre les deux espèces d’oiseaux relève davantage du jeu qu’autre chose. «De manière générale, les corvidés et les rapaces entretiennent une relation de conflits. Mais, dans ce cas, je ne serais pas étonné qu’il s’agisse d’une simple querelle amicale. Je ne crois pas à une lutte de territoire», confie le Tapa-Sabllia, connaisseur de l’avifaune indigène.

Reste que la présence prolongée d’un vautour fauve aux alentours du parc animalier relève de l’énigme. Et pas sûr que la viande donnée en pâture aux prédateurs présents dans les enclos suffisent à lever un coin de voile sur le mystère. «Le vautour fauve est un extraordinaire détecteur de sources de nourriture, livre Michel Antoniazzia. Mais, au contraire de l’aigle ou du gypaète barbu, il ne chasse pas ses proies. Ce charognard a peut-être été attiré par la viande donnée aux ours.»

Une explication qui ne convainc qu’à moitié Luc Jacquemettaz, persuadé que l’individu appartient à un groupe de vautours qui a poursuivi sa route. «Pour une raison qui reste encore indéterminée, il a décidé de faire halte au Mont d’Orzeires, révèle le surveillant de la faune. Si le vautour avait effectivement porté son dévolu sur le Juraparc pour se nourrir des restes de viande, alors ses congénères en auraient certainement fait de même.»

Observé pour la première fois lundi dernier, le volatile était encore sur les lieux hier après-midi. «Il pourrait y rester encore un jour ou deux, voire même quelques semaines, s’il s’y plaît», conclut Luc Jacquemettaz. Affaire à suivre.

 

L’éboueur des airs

 

Avec plus de 2,6 mètres d’envergure, l’oiseau impressionne. Peu à l’aise au sol, c’est dans le ciel qu’il prend sa revanche, se métamorphosant en admirable machine volante. Originaire de la Drôme provençale, des Cévennes et des Pyrénées, ce volatile utilise les courants ascendants thermiques pour planer et peut parcourir, ainsi, plusieurs centaines de kilomètres à la recherche de nourriture.

Son bec puissant est capable de déchirer les tissus les plus résistants mais ses grosses pattes, dépourvues de griffes, le rendent incapable de s’attaquer à la moindre proie vivante. Ce sont des charognards qui se nourrissent uniquement de carcasses d’animaux morts. Ils sont donc condamnés au sort peu enviable, mais néanmoins très utile pour la nature, de fossoyeur. A noter qu’ils peuvent atteindre l’âge de 25 à 35 ans.

 

Un bisonneau pointe le bout de son museau

 

Le bisonneau est le septième à voir le jour au Juraparc ce printemps. ©Christian Greutert

Le bisonneau est le septième à voir le jour au Juraparc ce printemps.

Chez les hommes, la cigogne est souvent associée à l’arrivée des naissances. A croire que le vautour fauve rempli ce rôle pour les bisons du Mont d’Orzeires. Le parc animalier de Vallorbe a, en effet, été témoin, avant-hier, de la naissance d’un bisonneau.

«C’est la septième naissance de l’année, explique le président de la société Juraparc, Olivier Blanc. Un ou deux petits devraient, d’ailleurs, encore venir densifier le troupeau de bovidés.» La maman a longuement léché sa progéniture encore fébrile, avant de l’aider à se dresser sur ses pattes. Il n’a pas fallu attendre plus d’une heure pour voir le nouveau-né tranquillement paisser aux côtés de ses congénères.

Avec l’arrivée du bisonneau, le troupeau de bovidés s’étend à 17 individus. «Nous conservons au minimum huit femelles adultes et un mâle par année. Le cheptel varie entre douze et vingt bisons», confie le Nord-Vaudois.

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31 mai 2017

Le beau domine à Romande Energie

Morges – Les actionnaires de la compagnie ont entériné toutes les propositions du conseil d’administration à une majorité «soviétique».

Me Guy Mustaki, président du conseil d’administration, et Pierre-Alain Urech, directeur général. ©Raposo

Me Guy Mustaki, président du conseil d’administration, et Pierre-Alain Urech, directeur général.

Les exercices plombés par les difficultés d’Alpiq ne sont plus qu’un mauvais souvenir pour Romande Energie, dont la participation dans le géant de l’électricité (9%) a contraint la société vaudoise à essuyer quelque 900 millions de pertes jusqu’à l’exercice 2015, après avoir engrangé des dividendes totalisant le même montant ces dix dernières années.

Avec le retour d’Alpiq dans les chiffres noirs, qui s’est traduit par un apport de 29 millions de francs dans la trésorerie de Romande Energie, le groupe vaudois a réalisé un très bon exercice 2016, au cours duquel le chiffre d’affaires a dépassé pour la première fois les 600 millions de francs (602).

La marge brute opérationnelle a diminué de 304 à 285 millions de francs, en raison, notamment, des marges extrêmement réduites -à l’instar des taux d’intérêt, le prix de l’électricité est au plus bas-, et d’un déficit des Forces motrices Hongrin-Léman, société dans laquelle Romande Energie détient une participation importante. Le résultat net de l’exercice (113 millions de francs) permet de verser un dividende de 36 francs par action. Il est en progression constante depuis 2001, année où il se montait à 3 francs…

 

Diversification

 

Avec la création, il y a six mois, de Romande Energie Services, la direction et ses 800 collaborateurs -ils sont encouragés à proposer de nouvelles activités au travers du concept «idéo»- oeuvrent à diversifier les activités en proposant, notamment, aux particuliers et aux entreprises de les accompagner et de les conseiller dans tout ce qui concerne l’énergie. Pierre-Alain Urech, directeur général, a relevé que pas moins de quarante projets sont en cours et un «Smart-Lab» va être ouvert sur le site de l’innovation de l’EPFL. Quatre à six collaborateurs seront engagés dans la recherche appliquée.

 

Montreux et la Vallée

 

Romande Energie est née il y a vingt ans de la fusion de la Compagnie vaudoise d’électricité (CVE) avec la Société romande l’électricité (SRE). Cette dernière a exploité, dès 1887, la centrale de Taulan, alors que la Compagnie des forces de Joux, créée pour réguler le niveau des lacs de la Vallée, a été fondée en 1901. La centrale de La Dernier, à Vallorbe, a été mise en service en 1903. La Compagnie de Joux est devenue la CVE en 1954. Le groupe vaudois fête donc 130 ans d’existence.

Une débauche d’énergie procédurière
Renouvelables – Des encouragements à doses acceptables

 

L’Urbigène Etienne Roy, responsable des énergies renouvelables. ©Raposo

L’Urbigène Etienne Roy, responsable des énergies renouvelables.

En ouvrant l’assemblée des actionnaires, Guy Mustaki, président du conseil d’administration, s’est réjoui de l’acceptation par le peuple de la Stratégie énergétique 2050. La rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC) est à son avis une bonne chose, à condition qu’elle «constitue une impulsion plutôt qu’un outil faussant les règles du marché à long terme, comme c’est le cas dans certains pays voisins».

Même si, en ce moment, la production d’électricité d’origine hydraulique n’est pas rentable, il faut continuer à investir pour assurer une fourniture à long terme. Dans ce domaine, les quelque 330 millions de francs engagés dans le doublement de la puissance des Forces motrices Hongrin Léman (FMHL) restent une bonne affaire à long terme.

Le président a aussi souhaité que les Cantons fassent le nécessaire pour accélérer les procédures administratives.

 

Presque vingt ans…

 

Dans ce domaine, le projet de parc éolien des Gittaz, au-dessus de Sainte-Croix, ressemble à un marathon. Il a en effet été lancé en 1998. Selon Etienne Roy, responsable des énergies renouvelables à Romande Energie, le permis de construire a été délivré. Mais le délai de recours n’est pas échu. L’acceptation par la population de Sainte-Croix, lors d’un vote historique, n’a pas refroidi les opposants. Il y a donc peu de chances qu’ils renoncent à recourir au Tribunal fédéral.

En ce qui concerne le projet de Provence, une rencontre doit encore avoir lieu avec l’Armée. Le dossier pourra ensuite être déposé à l’examen. A Villars-le-Terroir, où l’hostilité est marquée, le mât de mesures vient d’être démonté. L’analyse devra démontrer la faisabilité du point de vue économique.

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31 mai 2017

«Si on a peur des duels, autant rester chez nous»

Football – 1re ligue – Yverdon Sport se rend à Soleure ce soir, pour le match aller du premier tour des finales de promotion. L’entraîneur Anthony Braizat compte sur vingt guerriers.

Anthony Braizat s’attend à une rude bataille du côté de Soleure. ©Lado-a

Anthony Braizat s’attend à une rude bataille du côté de Soleure.

Le grand jour est arrivé. Ce soir, sur le coup des 22h, Yverdon Sport devrait être fixé. A Soleure, au terme du premier rendez-vous des finales de promotion, soit il aura confirmé son impressionnante saison régulière, soit la légende qui dit que les formations suisses-allemandes parviennent plus facilement à se sublimer dans les moments importants se sera, une nouvelle fois, vérifiée. A quelques heures du début de la «vraie saison», l’entraîneur Anthony Braizat fait le point.

 

Coach, quel chemin parcouru depuis votre premier match contre La Sarraz-Eclépens.

Je crois qu’on peut le dire, oui. Toute l’équipe a énormément progressé. Mais, dans le football, il n’y a pas de vérités immuables. Si on prend 4-0 ce soir, tout ce qui a été réalisé sera oublié.

 

Qu’est-ce qui a le plus changé ?

La communication avec le groupe et entre les joueurs. Aujourd’hui, tout le monde a une idée commune en tête et avance dans le même sens.

 

Vous avez réuni votre équipe après votre dernière victoire, samedi. Quels ont été vos mots ?

Que se qualifier pour les finales et terminer premier de groupe, c’était la partie facile. C’est maintenant, durant les finales, qu’il va falloir être fort. Le tout en restant positif dans le discours, bien qu’on n’ait pas réussi notre meilleure prestation face à Team Vaud.

 

Le FC Soleure, vous connaissez ?

C’est une équipe remplie de jeunes prometteurs, passés par Bâle, notamment, et entourés d’éléments d’expérience, à l’image de Loïc Chatton (ndlr : ex-Sion et Xamax, 14 buts cette saison), qui a connu la Super League. Une formation très agressive, qui n’aura pas peur de nous rentrer dedans.

 

On dit que les Alémaniques sont toujours prêts au combat. Qu’en est-il d’Yverdon Sport ?

Si on a peur d’aller au duel, autant rester chez nous. On sait à quoi s’attendre, on sait qu’on va devoir se montrer solidaires et combatifs dans toutes les situations. On devra faire abstraction de l’enjeu pour se focaliser uniquement sur le jeu.

 

Il y a pire comme déplacement, non ?

Au niveau du temps de trajet, oui, mais c’est le seul avantage. Lors des finales, il n’y a pas de bon tirage. Soleure est une équipe ambitieuse, qui a connu la Challenge League et qui veut y retourner. Ceci dit, notre plus gros adversaire reste nous-mêmes.

 

Vous avez effectué pas mal de modifications parmi vos titulaires ces dernières semaines. Connaissez-vous déjà votre onze ?

Oui, depuis un petit moment. Mais c’était important de donner du temps de jeu à tout le monde, pour pouvoir compter sur vingt joueurs compétitifs s’il faut pallier des blessures ou des suspensions.

 

Cela signifie qu’il pourrait évoluer ?

Absolument, en fonction de ce qui se passe durant ces 180 ou 360 -si on atteint le second tour- prochaines minutes.

 

Le coup d’envoi sera donné à 20h. D’ici-là, à quoi va ressembler votre journée ?

Déjà, on a gardé la même préparation que d’habitude, avec le décrassage du dimanche, instauré il y a quelques semaines, et un jour de récupération lundi. Aujourd’hui, on se retrouve pour prendre un repas ensemble à 16h15, puis on partira pour Soleure à 17h.

 

L’avant-match
Le point avec les équipes de la région

 

Finales de 1re ligue – 1er tour

Soleure – Yverdon Sport, ce soir à 20h au Stade du FCS.

Anthony Braizat avait ménagé certains joueurs et donné du temps de jeu à d’autres ces dernières semaines, histoire d’arriver aux finales avec un effectif aussi frais et polyvalent que possible.

Une mission accomplie, puisque le technicien ne devra se passer des services que d’un seul homme à l’heure de se rendre à Soleure : De Pierro. «Il a récemment contracté une petite gène à la hanche qui l’empêche d’être à 100% pour ce soir, explique le coach. Malgré tout, il peut toujours courir. On espère qu’il sera opérationnel, samedi, pour le match retour.»

 

Qualifications Coupe de Suisse

Bavois – La Chaux-de-Fonds, ce soir à 20h aux Peupliers

La formation de Bekim Uka doit passer par un tour de qualification propre aux équipes de Promotion League pour se qualifier pour les 32es de finale de la Coupe de Suisse 2017-2018. «On espère bien terminer, après avoir atteint l’objectif principal en championnat, le maintien, souligne l’entraîneur des Bavoisans. La saison a été longue et lourde. Le week-end dernier, on a laissé des forces à Brühl, en jouant par 30 degrés. Les gars sont fatigués, mais ce sera pareil pour nos adversaires. On doit faire un dernier effort, avant quatre semaines de pause bien méritées. Et puis, c’est la Coupe, il y a quelque chose de joli au bout.» Pour amener un peu de fraîcheur dans ses rangs, le technicien prévoit cinq ou six changements dans le onze qu’il alignera. L’équipe sera, toutefois, privée de Mallein, Markaj, Ombala, Pitronaci et Renatus (blessés). Makshana est incertain.

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30 mai 2017

De chaleureux échanges siciliens

Yverdon-les-Bains – Une délégation yverdonnoise, emmenée par la Municipalité au grand complet, s’est rendue dans la commune sicilienne de Collesano avec laquelle la Cité thermale est amie depuis de longues années.

Le syndic de Collesano, Angelo De Gesaro (à g.) et son homologue yverdonnois Jean-Daniel Carrard, lors de l’inauguration de la petite place au nom de la Cité thermale, qui jouxte la bâtiment communal. ©DR

Le syndic de Collesano, Angelo De Gesaro (à g.) et son homologue yverdonnois Jean-Daniel Carrard, lors de l’inauguration de la petite place au nom de la Cité thermale, qui jouxte la bâtiment communal.

La Sicile est tellement belle, que d’en repartir s’avère souvent compliqué. Une partie de la Municipalité d’Yverdon-les-Bains en a d’ailleurs fait l’expérience lors de son voyage officiel à Collesano, ville liée à la Cité thermale. «Nous étions tous sensés rentrer dimanche, explique le syndic d’Yverdon-les-Bains Jean- Daniel Carrard, mais des grèves ont forcé une partie de la délégation à prolonger son séjour jusqu’à demain (ndlr : aujourd’hui).» L’Exécutif au grand complet avait pris l’avion direction la Sicile le dimanche 21 mai déjà, afin d’effectuer une sortie de législature, dans l’idée de continuer d’apprendre à se connaître. «Nous avons ainsi parcouru le territoire sicilien durant trois jours, profitant de tout ce que cette île magnifique avait à offrir au niveau culturel et gastronomique», a ajouté le syndic nord-vaudois, joint par téléphone hier.

 

Du cœur et de la générosité

 

Dès jeudi, les élus du Nord vaudois ont été accueillis à bras ouverts par la Municipalité de Collesano. «On a senti de part et d’autre beaucoup d’émotion, détaille Jean-Daniel Carrard, très loin du jargon habituel, somme toute assez technique, des chartes d’amitié. Le fait que de nombreux Yverdonnois et Yverdonnoises originaires de Collesano avaient fait le déplacement n’est pas étranger à cette sensation (lire ci-dessous).»

Dès l’après-guerre, le travail se faisant rare en Sicile, des centaines de personnes partent vers la Suisse, et vers Yverdon-les-Bains pour tenter de s’en sortir. «Aujourd’hui, à Yverdon-les-Bains, on rencontre déjà la quatrième génération d’immigrés de Collesano, enchaîne l’élu. Cela représente actuellement environ 400 familles. Le lien qui lie nos deux communautés s’avère ainsi très spécial. D’ailleurs les Collesanesi d’Yverdon-les-Bains se sont énormément investis pour que notre visite reste absolument inoubliable, notamment au niveau du cœur et de la générosité. C’était magnifique.» Cette visite officielle s’inscrit dans une longue tradition d’échanges, formels et moins formels, entre les deux communes.

 

«Ces quelques jours ont été une fête merveilleuse, rythmée par des moments exceptionnels.»

 

Vue sur Collesano depuis le château médiéval qui surplombe la ville. ©DR

Vue sur Collesano depuis le château médiéval qui surplombe la ville.

Au-delà de l’accueil chaleureux que les autorités de Collesano ont réservé à la délégation yverdonnoise, les membres de la Municipalité ont également été reçus par le vice-président de la région sicilienne, Giuseppe Lupo, dans ses bureaux de Palerme.

Cette réception doit beaucoup aux qualités d’organisateur de Peppe Alfonzo, membre très actif de la diaspora de Collesano à Yverdon-les-Bains. Ce dernier, par ailleurs également membre du comité d’organisation du Comptoir du Nord vaudois, préfère parler de l’esprit de fête qui a régné dans sa commune d’origine tout au long de la visite. «Ces quelques jours ont vraiment été une fête merveilleuse, rythmée par des moments exceptionnels à vivre, a commenté Peppe Alfonzo. Il y a notamment eu cette procession traditionnelle dans les rues de la ville, où environ quarante hommes portent un immense tableau de la Vierge et sa structure en bois sur cinq ou six kilomètres.» Lorsque l’on sait que l’objet en question pèse pratiquement 900 kilos, l’exploit méritait d’être souligné.

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