Les News de Nord Vaudois - novembre 2017

En collaboration avec le journal La Région.

23 nov 2017

Non, YS ne rendra pas les armes

Football – Promotion League – Les onze points de retard d’Yverdon Sport sur Kriens n’effraient pas son président Mario Di Pietrantonio. Au printemps, son équipe sera encore plus compétitive. Quitte à être totalement mûre pour la saison prochaine.

Mario Di Pietrantonio et Yverdon Sport avaient commandé 700 maillots floqués du nom de Djibril Cissé. Pour l’heure, 200 ont trouvé preneur. ©Carole Alkabes

Mario Di Pietrantonio et Yverdon Sport avaient commandé 700 maillots floqués du nom de Djibril Cissé. Pour l’heure, 200 ont trouvé preneur.

Deux projets s’offraient au président Mario Di Pietrantonio, maintenant que le championnat de Promotion League est en pause. Soit il considérait que les onze points de retard d’Yverdon Sport sur le leader, Kriens, constituaient un écart trop important et, par conséquent, il repoussait ses rêves de Challenge League à la saison prochaine. Soit le boss d’YS décidait de jouer sa carte à fond pour les treize derniers matches qui auront lieu au printemps, en engageant plusieurs grands noms et en tablant sur bon nombre de faux pas de ses rivaux de tête. Résultat ? L’homme a choisi de piocher beaucoup dans le plan A, un peu dans le plan B, et de créer une sorte de plan C.

En clair, les Yverdonnois n’ont pas tiré un trait définitif sur leurs espoirs de promotion en juin prochain. «On bat Nyon le 4 mars à la reprise, Kriens se plante face à Zurich II et l’écart se réduirait déjà bien», anticipe le président. Voilà pour le discours de rigueur. C’est vrai, avec une deuxième partie d’exercice de feu et un duo de tête qui perd des plumes ça et là, Yverdon Sport pourrait entretenir l’espoir. Reste que cela semble fortement improbable. Derrière ces mots se cachent, en fait, la ferme volonté de créer une équipe compétitive dès la fin de l’hiver. S’il en résulte une bonne surprise à la fin de la saison, tant mieux. Mais le cap est déjà placé sur l’exercice 2018-2019. «L’été prochain, le public du Stade Municipal pourra voir une très grosse équipe. Je peux l’assurer.»

Les spectateurs d’Yverdon Sport ne devraient, cependant, pas attendre huit mois avant d’avoir du spectacle à se mettre sous la dent. Les noms des renforts hivernaux commencent à circuler et, là encore, Mario Di Pietrantonio entend ne décevoir personne. «Il nous faudra à tout prix un ailier gauche, un gars intenable, capable de donner le tournis à nos adversaires sur chaque ballon. Le pendant d’Allan Eleouet sur le côté droit, en somme.»

 

Avec Eleouet et Lahiouel

 

Le président ne lâche pas le nom de sa pépite par hasard. L’homme fort du club de la Cité thermale entend bien profiter des mois de transition qui se profilent pour mettre ses jeunes en valeur. «Ce sujet a pu être un objet de discorde avec notre entraîneur, Anthony Braizat. Mais je ne lui reproche absolument rien. Il possédait un effectif énorme, dans lequel régnait beaucoup de concurrence. Il a été contraint de trancher à plusieurs niveaux. Mais, maintenant, je tape du poing sur la table. Je veux que des joueurs comme Allan ou Yanis (ndlr : Lahiouel) bénéficient de plus de temps de jeu. Théo Rochat sera lancé au printemps, c’est une certitude. Et on continuera de faire de Nehemie Lusuena un élément central de l’équipe. On entend réduire notre contingent, pour pouvoir accorder davantage d’importance à chacun de nos éléments.»

La position du technicien français n’est aucunement remise en question. «On doit encore discuter ensemble, précise le président. Mais, à moins qu’il en décide autrement, Anthony sera sur le banc à la reprise. Il s’agit, à mon sens, du meilleur coach de la ligue.»

Au côté du Varois prendra place un nouvel assistant, puisque Philippe Demarque a choisi de se retirer de la première équipe. «On veut quelqu’un avec de la bouteille, qui a fait ses preuves. Un homme qui soit capable de gérer les petits conflits à l’interne lorsque ceux-ci éclatent.»

Qui dit réduction de l’effectif dit, forcément, que certains éléments arrivent au bout de l’aventure yverdonnoise. «On n’a pas encore pu voir tout le monde, donc je n’ai aucun nom à communiquer. Et presque aucune décision n’est définitive», explique Mario Di Pietrantonio. Reste que certains postes risquent de se retrouver davantage en danger. Des noms ? Disons qu’on en attendait peut-être davantage de Dany Da Silva, David Marazzi, Gilberto Reis ou Ousmane Doumbia. Tous ont prouvé avoir largement le niveau de la Promotion League, voire mieux, mais aucun n’a véritablement tenu son rang sur l’ensemble du premier tour.

 

Des erreurs partagées

 

«On s’est surtout montrés très faibles dans l’attitude, reprend le boss d’YS. Ceux qui peuvent en faire le plus ont très souvent été ceux qui ont démontré le minimum, et inversement. Les choses vont aussi changer à ce niveau. Fini d’être gentil, de se cacher derrière une bonne mentalité. Maintenant, on veut des gars de caractère ! Mais attention, des fautes ont été commises à tous les étages. Les joueurs n’ont pas livré la marchandise comme on l’attendait, mais les dirigeants et le staff ont également fauté. Pour notre part, on s’est montrés un peu trop pressés. On a cru qu’on pourrait imiter Le Mont. Mais ce qu’a réussi Serge Duperret, c’est très fort. On s’est vus un peu trop vite au sommet.»

Des erreurs qui se sont surtout fait ressentir lors des quatre dernières rencontres (deux points sur douze), quand le manque de leaders sur le terrain a pesé lourd. «Avec Djibril Cissé, François Marque et Florian Gudit opérationnels, ce ne sera pas la même histoire au deuxième tour. On compte absolument sur ces trois-là.»

A ce titre, l’homme fort du club espère faire de la star française, meilleur buteur de la catégorie, bien plus qu’une simple icône sur la pelouse : «Il croit encore fermement en nos chances de promotion. Au-delà de ça, j’aimerais, d’ici quelque temps, qu’il occupe un rôle important au sein du club. Une sorte de directeur technique, qui puisse faire jouer son réseau, notamment. Mais Djibril, c’est un salaire à assurer. On va devoir être très clairs entre nous.»

Et si Mario Di Pietrantonio n’a jamais eu peur de faire des efforts financiers, il avertit : «Aujourd’hui, 80% du budget du club vient de ma poche, et je ne suis pas éternel. Les gens qui sont prêts à mettre de leur argent pour le club sont rares, très rares. Je vais partir. Pas aujourd’hui, pas demain, mais dans un avenir relativement proche. La priorité absolue à l’heure actuelle, c’est que le club puisse s’en sortir après mon départ. Et si la transition pouvait se faire en Challenge League, ce serait idéal.»

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23 nov 2017

La police coordonnée piétine encore

Nord vaudois – Cinq mois après la publication d’un audit de la Cour des Comptes, la police coordonnée a-t-elle concrètement pris en compte les recommandations de celui-ci ? Etat des lieux.

Les statuts unifiés pour toutes les polices du Canton sont encore loin de constituer une réalité. La problématique des salaires n’est, par ailleurs, guère mieux lotie. ©Jacquet-a

Les statuts unifiés pour toutes les polices du Canton sont encore loin de constituer une réalité. La problématique des salaires n’est, par ailleurs, guère mieux lotie.

Dans le canton de Vaud, la police coordonnée a un peu plus de cinq ans. Une telle opération a forcément montré des erreurs de jeunesse. La Cour des Comptes, dans un audit publié en juin de cette année, était arrivée à la conclusion logique que la situation actuelle n’était de loin pas idéale. Pour y remédier, le rapport d’audit stipulait cinq recommandations.

Il fallait, dans un premier temps, tenter d’instaurer une organisation qui permette de prévenir les blocages de gouvernance. Pour ce faire, le Conseil cantonal de sécurité (CCS) a déjà pris des mesures au niveau opérationnel, afin de faire baisser la pression opérée par des intérêts souvent divergents entre les différents corps de police. «Le plan d’action mis en place a également eu de l’effet au niveau de la clarification des rôles et des responsabilités, évoquée dans la deuxième recommandation dudit rapport», étaye la municipale yverdonnoise Valérie Jaggi Wepf, par ailleurs présidente du comité des directeurs des polices municipales vaudoises, et membre du CCS.

 

Statu quo financier

 

Les recommandations suivantes demandaient, d’une part, qu’un système soit trouvé afin d’harmoniser la comptabilisation des mission de police effectuées par la gendarmerie. D’autre part, que le système de financement soit revu, afin qu’il gagne en transparence et qu’il nivelle les inégalités de traitements entre les communes. Autant dire que, de ce côté-là, ça n’avance pas. Plusieurs intervenants se sont déjà assis autour de la table pour évoquer le sujet, mais rien de concret n’est véritablement sorti de ces rencontres informelles. Du coup, le statu quo reste de rigueur. Avec la décision d’appliquer la RIE III vaudoise dès 2019, le temps presse, pourtant.

 

Différences…

 

«Notre travail, aujourd’hui, s’articule autour de la recherche de points communs dans l’organisation des différents corps de police.» Valérie Jaggi Wepf, présidente du comité de la Conférence des directeurs des polices municipales vaudoises, et municipale à Yverdon-les-Bains.

«Notre travail, aujourd’hui, s’articule autour de la recherche de points communs dans l’organisation des différents corps de police.» Valérie Jaggi Wepf, présidente du comité de la Conférence des directeurs des polices municipales vaudoises, et municipale à Yverdon-les-Bains.

Finalement, et c’est peut-être là que cela risque de coincer, la Cour des Comptes rappelle que la convergence des différents statuts des différentes police vers des statuts uniques demeure un objectif prioritaire. Et il ne s’agit là que des statuts. Car si l’on inclut aux négociations la problématique de la concurrence salariale entre les différents corps de police, cela multiplie d’autant les potentiels conflits. «Si l’on prend la Gendarmerie, plus les neuf corps des polices municipales, on se rend compte que l’organisation diffère partout, pointe Valérie Jaggi Wepf. Les associations ne regroupent pas les mêmes organismes, ne dépendent pas des mêmes comités, etc. Il n’y a pas deux cases qui se ressemblent. Notre travail, aujourd’hui, s’articule autour de la recherche de points communs, qui pourraient mener à des synergies. On aimerait avoir réglé cela avant 2022. C’est en tout cas notre objectif.»

En résumé, très peu de choses ont bougé depuis juin. Le CCS, présidé par la conseillère d’Etat Béatrice Métraux, a du pain sur la planche. Et même avec la meilleure volonté du monde, le défi s’annonce particulièrement gratiné.

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23 nov 2017

Une grande famille unie autour du petit Kelyan

Yverdon-les-Bains – Kelyan, atteint d’une maladie génétique rare, fêtera ses 3 ans dimanche. Son combat, mué en association, rassemble une large communauté.

Le petit Kelyan Berisha, entouré par son papa Rexhe et sa maman Marine, à l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains. ©Berisha

Le petit Kelyan Berisha, entouré par son papa Rexhe et sa maman Marine, à l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains.

«Chaque année, nous fêtons son anniversaire du mieux possible, parce qu’on ne sait pas si Kelyan sera là au prochain.» Dimanche, Marine et Rexhe Berisha fêteront les 3 ans du petit Kelyan au restaurant de l’Impro, à Yverdon-les-Bains, avec une quarantaine d’invités. «Un jour, nous voudrions organiser un événement pour rencontrer toutes les personnes qui nous soutiennent, notamment via les réseaux sociaux», affirme, en souriant, la maman du petit Kelyan. Le cadet de la famille Berisha est atteint du syndrome de Wolf-Hirschhorn, une maladie génétique rare qui touche un enfant sur 50 000. A la connaissance de ses parents, seuls quatre ou cinq enfants souffrant de la même maladie en Suisse.

Le quotidien de Rexhe, Marine, Meylina, 10 ans, et Ilyan, 5 ans, est organisé autour de la vie de Kelyan. «Il est très faible au niveau pulmonaire et il fait des crises d’épilepsie. L’hôpital est devenu notre deuxième lieu de vie», relève Rexhe Berisha. Les crises de Kelyan ont différentes durées. Selon son état, ses parents optent soit pour un déplacement au CHUV, soit à l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains. «Il aurait pu partir à plusieurs reprises, c’est pourquoi nous devons être près de lui le plus vite possible. Nous ne savons pas ce qu’on aurait fait sans l’aide des professionnels de la santé des EHNV et du CHUV.» Kelyan doit, en plus, suivre des cours de physiothérapie deux à trois fois par semaine, et il est aussi atteint de surdité. L’espérance de vie des malades atteints du syndrome de Wolf-Hirschhorn est de 29 ans, d’après Rexhe Berisha. «Notre garçon a envie de vivre, et nous savons qu’il n’est pas prêt de lâcher le morceau.»

Depuis bientôt trois ans, la famille est plus soudée que jamais autour du petit Kelyan. «Ilyan et Meylina vivent entre la maison et l’hôpital, ils ont une vision de la vie différente que de celle des enfants de leur âge.» Marine Berisha a dû quitter son travail pour s’occuper de son fils, et son père prend régulièrement congé pour être avec lui. «C’est difficile, il faudrait une troisième personne au quotidien», avoue le père de famille.

 

Son quotidien partagé en ligne

 

En 2015, la famille décide de partager sur les réseaux sociaux la vie de cet enfant pas comme les autres. «Nous en avions gros sur le cœur, ça nous a fait du bien de montrer ce qu’il se passe dans la vie de Kelyan, les bons comme les mauvais moments», affirme Marine Berisha. A la fin de l’année 2016, la famille a décidé d’aller encore plus loin en créant une association. Son but est de récolter de l’argent pour permettre à Kelyan d’avancer dans ses différentes étapes, mais aussi aider les autres enfants atteints par cette maladie. Une grande communauté s’est créée autour de Kelyan. Actuellement, la page Facebook compte plus de 1400 abonnés et la page Instagram, lancée au mois de septembre, en possède presque 650.

Parmi les personnes qui soutiennent l’association, il y a aussi un certain Djibril Cissé. «C’est un papa de cinq enfants et le dernier arrivé a le même âge que Kelyan. Il s’est montré très gentil avec nous, comme tous ceux qui ont contribué au développement de l’association», raconte Rexhe Berisha, grand supporter d’Yverdon Sport.

 

La famille yverdonnoise a plusieurs projets en lien avec l’association. «Nous voulons écrire un livre et mon mari aimerait organiser un tournoi de foot l’année prochaine, mais ce n’est pas évident de concilier ces projets avec notre emploi du temps actuel», sourit Marine Berisha. Le prochain événement lié à Kelyan est une grande vente de pâtisseries, prévue au collège Léon-Michaud à Yverdon-les-Bains, le 13 décembre, dont une partie des recettes sera dévolue à l’association. «C’est le genre de coup de pouce qui nous fait avancer», se réjouit Marine Berisha.

Plus d’informations : www.Kelyan-swh.ch ou sur la page Facebook.

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22 nov 2017

Des consommateurs tout-puissants ?

Nord Vaudois – Entre la votation sur la sécurité alimentaire, plébiscitée, et la nouvelle politique agricole 2022 (PA 2022), les consommateurs pourraient devenir un des éléments clés pour les producteurs.

Les paysans suisses se demandent à quelle sauce ils vont être mangés, après le lancement de la politique agricole 2022. ©Duperrex-a

Les paysans suisses se demandent à quelle sauce ils vont être mangés, après le lancement de la politique agricole 2022.

Le 24 septembre dernier, le peuple suisse acceptait le nouvel article constitutionnel sur la sécurité alimentaire, que les Vaudois plébiscitaient (92%). Puis, début novembre, le conseiller fédéral Johann Schneider- Ammann dévoilait les grandes lignes de la politique agricole 2022 (PA 2022), largement tournées vers le renforcement des échanges mondiaux (lire ci-dessous). Au milieu de ce tourbillon d’informations, pas toujours concordantes, les producteurs tentent de faire face, en essayant de ne pas perdre espoir.

«L’agriculture a déjà fait des sacrifices et devra continuer d’en faire, avoue Stéphane Baudat, producteur à Treycovagnes. Ce qui me trouble, ce sont les deux images que l’on veut donner de l’agriculture. D’un côté, on promeut l’exploitation familiale idéale, dans un paysage préservé. C’est ce que l’on peut voir dans les spots publicitaires des grands distributeurs. Et avec la PA 2022, on va demander aux agriculteurs de produire à moindre coût, de rester absolument concurrentiels face à de nouvelles importations. Mais si c’est cette voie que nous prenons, alors devra-t-on aussi adapter la législation sur les animaux, les bâtiments ou les cultures, et redescendre au niveau de l’Ukraine, par exemple ?»

 

Doutes légitimes

 

Les doutes concernant l’avenir semblent légitimes. Et il ne s’agira, au final, pas uniquement des producteurs, mais également de toutes les professions formant une chaîne interdépendante, qui lie la terre cultivable aux assiettes des consommateurs. Et, au final, ce sont probablement ces derniers qui auront une partie de la solution, quant à l’avenir des entreprises agricoles. «Si on avait pu inscrire, dans l’article constitutionnel sur la sécurité alimentaire, qu’un certain pourcentage de la production écoulée dans le pays devait être indigène, tout serait plus clair, détaille encore Stéphane Baudat. Mais assouplir les protections douanières, en pensant que le marché se régulera tout seul, représente un risque pour un bon nombre d’exploitations.»

 

Un choix qui compte

 

Finalement, l’élément qui pourrait encore infléchir la tendance demeure le choix que va effectuer le consommateur au moment de ses achats. Soit il joue le jeu des producteurs suisses et privilégie la vente directe, et les produits parfaitement traçables issus d’une production respectueuse, soit il décide que le prix à payer pour des denrées produites régionalement s’avère trop haut pour son budget. Dans ce cas, il se rabattra sur les produits d’importation que la politique agricole 2022 aura permis de voir atterrir sur les étals des magasins de Suisse romande. Pour une fois, le citoyen, le consommateur, a vraiment le choix.

 

Politique agricole 2022

 

Une des lignes directrices de la nouvelle politique agricole de la Confédération agira sur les protections douanières, qui protègent encore, un tant soit peu, les agriculteurs suisses face à leurs concurrents européens. Mais elle va plus loin. Des accords devraient également bientôt être conclus avec l’Asie et l’Amérique, même si rien n’est encore formellement sous toit.

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22 nov 2017

Les EHNV se développent dans le sud

Cossonay – Les Etablissements hospitaliers du Nord vaudois (EHNV) ouvrent, aujourd’hui, une permanence médicale dans le nouveau centre de santé.

La permanence médicale sera incluse dans ce bâtiment de Cossonay, qui abrite un centre de santé depuis le 1er novembre. ©Michel Duperrex

La permanence médicale sera incluse dans ce bâtiment de Cossonay, qui abrite un centre de santé depuis le 1er novembre.

Après Orbe, la commune de Cossonay, membre des Etablissements hospitaliers du Nord vaudois (EHNV) possède, depuis aujourd’hui, elle aussi, sa permanence médicale. «L’objectif est d’offrir des prestations sanitaires complémentaires dans la région de Saint-Loup, notamment en ce qui concerne la médecine de premier recours», affirme Loïc Favre, responsable de la communication des EHNV.

La permanence médicale vise à répondre aux problématiques de l’augmentation constante de la population et à la pénurie de médecins généralistes dans la région. La structure est installée dans un centre de santé pluridisciplinaire -ouvert depuis le 1er novembre dernier- qui regroupe déjà des cabinets de physiothérapie et d’ostéopathie.

En 2015, l’assemblée générale des EHNV avait décidé d’acheter et de transformer la ferme Rod, située à la route d’Aubonne 2, en ce centre pluridisciplinaire. Les EHNV exploitent déjà l’Hôpital de Saint-Loup, sur le territoire de Pompaples, et mettent donc un pied de plus dans le district de Morges. Cette nouvelle prestation permettra aux patients de rester au plus proche de cette région, plutôt que de se déplacer en direction des hôpitaux et des cliniques de Morges ou de Lausanne.

Nadia Carità était cheffe de clinique aux urgences ambulatoires à Yverdonles- Bains, désormais elle accueillera des patients à Cossonay. ©EHNV

Nadia Carità était cheffe de clinique aux urgences ambulatoires à Yverdonles- Bains, désormais elle accueillera des patients à Cossonay.

La supervision de la permanence médicale est assurée, pour l’instant, par Nadia Carità, médecin généraliste et précédemment cheffe de clinique aux urgences ambulatoires de l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains. Elle s’y installera définitivement d’ici le mois de mai de l’année prochaine. La structure est ouverte, jusqu’à la fin de cette année, le mercredi, le jeudi matin et le vendredi. Dès le 3 janvier prochain, elle accueillera tous les patients du lundi au vendredi de 8h à 18h.

A terme, d’ici la fin de l’année 2018, deux autres médecins généralistes s’y installeront, ce qui permettra d’ouvrir la permanence le samedi. Les patients pourront être traités à Cossonay pour des cas de médecine générale et de plaies, mais aussi pour traiter les cas de traumatologie. «Si une personne se casse le bras, il y aura la possibilité de faire une radio et de mettre un plâtre. Une collaboration directe avec les radiologues de l’Hôpital de Saint-Loup et d’Yverdon-les-Bains est prévue», relève Loïc Favre.

 

Un médecin local

 

Nadia Carità, médecin généraliste en charge de la permanence médicale à Cossonay, a suivi sa formation entre le Nord vaudois et le CHUV. Elle bénéficie d’un bon réseau dans la région. Diplômée en 2010, elle a commencé à travailler en 2011 à l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains. «J’ai eu un coup de cœur pour ce projet de centre pluridisciplinaire», affirme-t-elle.

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22 nov 2017

Des générations de champions

Judo – Les anciens et les jeunes de l’Ecole Dégallier ont trusté les podiums aux Championnats de Suisse, à Neuchâtel. Le passage de témoin est en route.

En photo de couverture ci-dessus, tous les médaillés yverdonnois, debout, de g. À dr.: Jennifer Richard, Fiona Ridet, Sébastien Joss, Matthieu Pahud et Frank Dégallier. A genoux, de g. À dr : Pauline Gander, Roxane Bloesch, Joël Coraducci, Lionel Schwander et Nicolas Jäggi. Ci-contre, Pauline Gander et Lionel Schwander. ©Michel Duperrex

En photo de couverture ci-dessus, tous les médaillés yverdonnois, debout, de g. À dr.: Jennifer Richard, Fiona Ridet, Sébastien Joss, Matthieu Pahud et Frank Dégallier. A genoux, de g. À dr : Pauline Gander, Roxane Bloesch, Joël Coraducci, Lionel Schwander et Nicolas Jäggi. Ci-contre, Pauline Gander et Lionel Schwander.

Avec onze médailles et six titres remportés, les judokas de l’Ecole Dégallier ont réalisé un carton, le week-end dernier, à l’occasion des Championnats de Suisse. Au point de terminer en tête du classement par clubs, et ce malgré l’absence de quelques habitués aux podiums nationaux. «Mais il est normal que, sur le nombre, il manque des éléments. C’est aussi le cas pour les autres», tempère Frank Dégallier, un président, entraîneur et judoka comblé, puisqu’il a lui-même remis son kimono pour aller chercher un titre chez les masters -81kg, coaché par son fils Yanis.

Le bilan global du club de la Cité thermale équivaut à bien plus que ce que le boss espérait. Il constitue, aussi, une nouvelle preuve que le judo yverdonnois marche fort. «La collaboration avec le Centre régional de performance romand paie, même si tous mes judokas n’en font pas partie, estime le mentor de l’EJD. La structure vient s’entraîner une fois par semaine dans notre dojo, avec d’excellents athlètes de l’extérieur.» Et tout le monde en profite.

Toute une génération, notamment : la «Next Gen», par analogie avec le terme d’usage au tennis. Celle des «1998» et des années alentours, appelée à prendre le témoin. Pauline Gander et Lionel Schwander, tous deux titrés en juniors (M21) et médaillés en élite, le week-end passé, en sont les actuels meilleurs ambassadeurs.

Ils représentent la relève d’aujourd’hui ; celle de demain, les «2003» et alentours, est en formation.

L’Ecole Dégallier produit des champions par générations. Le tableau des médailles en atteste : les «quadra» Fiona Ridet, Sébastien Joss et Frank Dégallier, tous sacrés en masters à La Riveraine, l’ont rappelé.

La génération des trentenaires, pour la plupart absents à Neuchâtel (bien que judoka de l’EJD en LNA, Matthieu Pahud, en bronze, a concouru sous les couleurs du JC Romont), a, elle, valu son pesant de métaux par le passé.

 

Encore beaucoup à apprendre

 

Bien que fier, Frank Dégallier s’empresse de pondérer. «Même si on a fini en tête sur 97 clubs à ces Championnats, je n’oserai pas affirmer qu’on est la meilleure école du pays, lance-t-il avec humilité. A l’international, par exemple, on a encore beaucoup à apprendre d’un club comme Brugg. Et puis, le classement est très serré et, au final, cela reste une compétition individuelle.» A vrai dire, il a également manqué un titre en élite à l’EJD, qui a obtenu de l’or en masters (3), en juniors (2) et en espoirs (1), pour que le tableau soit parfait. C’est passé «à un cheveux» pour Lionel Schwander, auteur d’un waza-ari «qui aurait clairement dû être compté comme ippon» en début de finale, regrette son mentor.

«On a alors vu que Lionel, qui n’a que 19 ans, a encore du chemin à parcourir. Après cela, il s’est un peu déconcentré.» Et le Morgien Simon Rosset, champion national en titre, a remporté le duel. La «Next Gen» doit encore gagner en maturité avant de régner sur le judo national. Bonne nouvelle, au sein de l’école, les exemples à suivre ne manquent pas.

 

Une belle leçon de persévérance

 

Blessée deux fois consécutivement à son genou gauche, Pauline Gander a perdu deux années, mais elle a persisté. De retour sur les tatamis, la judokate de 18 ans a remporté deux médailles, dont le titre M21 en +70kg, à Neuchâtel. Inespéré. «J’étais stressée, de peur d’avoir tout perdu. Ouf, ce n’est pas le cas», glisse, derrière son timide sourire, la jeune championne de l’EJD.

La gymnasienne est une battante, elle l’a prouvé, mais elle n’en a pas terminé. «J’ai besoin de m’entraîner encore pour combattre à l’international la saison prochaine», lâche celle qui est décidée à réintégrer pleinement l’équipe nationale.

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21 nov 2017

«Compromis idéal» au Creux du Van

Jura vaudois – Les Cantons de Vaud et de Neuchâtel ont mis à l’enquête publique, vendredi dernier, un plan commun de préservation du Haut Plateau du Creux du Van. Un projet qui vise à concilier l’environnement, le tourisme et l’agriculture.

Le Creux du Van est reconnu d’importance nationale. ©Roland Gerth

Le Creux du Van est reconnu d’importance nationale.

«Ce projet ne se veut pas l’idéal absolu pour la nature ni pour les secteurs agricole et touristique, c’est un compromis idéal.» C’est en ces termes que Franco Ciardo, biologiste à la Direction générale de l’environnement (DGE) du Canton de Vaud, évoque la mise à l’enquête publique du plan de préservation du Haut Plateau du Creux du Van. Publié vendredi dernier, le projet cherche à «assurer à long terme une meilleure protection des valeurs naturelles et paysagères de ce site d’importance nationale, sans pour autant le mettre sous cloche», d’après Franco Ciardo.

Chaque été, environ 20 000 touristes viennent bénéficier des paysages du Creux du Van, situé à la frontière entre les Cantons de Vaud et de Neuchâtel. Un afflux de visiteurs qu’il faut canaliser pour ne pas détruire ce site rocheux. Les randonneurs et les VTT sont particulièrement concernés. Un seul chemin sera réservé aux deux-roues et certains sentiers près de la falaise seront fermés.

 

Mesures pour l’agriculture

 

Le projet cherche à répondre aux fortes attentes divergentes des protecteurs de la nature, du tourisme, mais aussi de l’agriculture. Les exploitants auront désormais des contraintes sur leur gestion agricole. L’idée est d’abandonner l’utilisation d’engrais et de diminuer le nombre de bêtes. Des indemnisations sont prévues pour compenser les pertes de rendement.

 

Protection de la biodiversité

 

La sauvegarde de la biodiversité au Creux du Van va de pair avec le maintien de son attractivité touristique, d’après les porteurs du projet. ©Swiss Image

La sauvegarde de la biodiversité au Creux du Van va de pair avec le maintien de son attractivité touristique, d’après les porteurs du projet.

Les différentes mesures de ce plan de protection visent à assurer le maintien et la promotion de la biodiversité. «La pression du public et l’exploitation agricole intensive ont un impact sur la végétation et la faune de cette région», affirme Franco Ciardo.

Au début de l’année, une consultation publique sur le projet avait recueilli plus de quarante avis dans le canton de Neuchâtel et une trentaine dans le canton de Vaud. Les autorités compétentes ont donc effectué une pesée d’intérêt et ont proposé ce «compromis idéal».

Du côté de l’association «Les Travers du Vent», on déplore l’absence de vision globale au sujet du plan d’affectation de la région du Val-de-Travers, alors qu’un parc éolien est projeté à proximité du Creux du Van, à Provence (lire ci-dessous). Franco Ciardo précise que les 17 éoliennes prévues dans cette commune vaudoise n’ont pas de lien avec cette mise à l’enquête. «Le Creux du Van est un site d’importance nationale, pas le secteur du parc éolien de Provence.»

Les organisations et les associations ont jusqu’au 18 décembre pour faire opposition au plan de préservation.

 

«Il n’y a aucune conception d’ensemble»

 

Le cirque rocheux est à la limite entre Vaud et Neuchâtel. ©Matthias Taugwalder

Le cirque rocheux est à la limite entre Vaud et Neuchâtel.

L’association «Les Travers du Vent» a pour but la sauvegarde des crêtes et des plateaux du Val-de-Travers. Michel Fior, un des membre du comité de l’association, n’a rien contre le projet en lui-même, il estime que c’est le plan d’affectation de cette région qui manque de vision globale.

D’après lui, il y a une contradiction entre les 17 éoliennes prévues à Provence par le Canton de Vaud et cette mise à l’enquête au Creux du Van. «Il n’y a aucune conception d’ensemble, c’est comme si on tenait à ultraprotéger une zone naturelle à côté d’une autoroute.»

Michel Fior précise que le parc éolien est prévu à quelques kilomètres du Haut Plateau du Creux du Van. Il est étonné que le projet à l’enquête n’évoque pas cette problématique, qui est pourtant devenue également un problème politique. «J’ai contrôlé dans les documents liés au projet, on ne fait pas mention une seule fois de l’éolien. On ne tient pas compte de ce qui se fait juste à côté, ce n’est pas cohérent.»

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21 nov 2017

Un film interactif pour découvrir l’EMS

Yverdon-les-Bains et Lausanne – Pierrick Destraz propose un film interactif pour populariser les établissements médico-sociaux vaudois et jurassiens. Ce mandat, confié par l’AVDEMS -association vaudoise d’EMS-, lui a permis de découvrir des facettes insoupçonnées de ces lieux de vie.

Les résidents qui ont participé au tournage ont visiblement pris du plaisir. ©DR

Les résidents qui ont participé au tournage ont visiblement pris du plaisir.

L’image de l’asile de vieux, encore bien présente dans les esprits, méritait une mise à jour. L’AVDEMS, association vaudoise des EMS, et son homologue du canton du Jura, ont confié à Pierrick Destraz le soin de dynamiser l’image de ces maisons qui fourmillent d’activités, et des structures proches, à l’instar des appartements protégés et des centres d’accueil temporaire (CAT). L’artiste ignorait d’ailleurs, avant le tournage, l’existence de ce type de structure.

Responsable de projet, Laure- Isabelle Oggier, coordinatrice du pôle accompagnement à l’AVDEMS, avait aimé la prestation de Pierrick Destraz dans un clip tourné il y a quelques années pour Lausanne Tourisme. Contacté, l’artiste a été séduit par le projet : «J’ai trouvé que c’était une bonne idée d’aider à changer l’image que les gens ont des établissements médico-sociaux.»

Car avant d’être des lieux de fin de vie, ce sont des endroits très vivants, qui fourmillent d’activités. A condition bien entendu que les résidents veuillent y participer. «Ma plus grande surprise a été de découvrir qu’il y avait même une assistance sexuelle pour les personnes qui ont encore ce besoin. Dans le film, on l’évoque de manière discrète. Mais je trouve normal qu’on le fasse», explique l’auteur et acteur.

Pierrick Destraz porte un regard plein d’empathie et d’humour sur les établissements médico-sociaux.. ©DR

Pierrick Destraz porte un regard plein d’empathie et d’humour sur les établissements médico-sociaux..

Car Pierrick Destraz a écrit le film, produit par Messieurs.ch, avant le tournage organisé dans plusieurs EMS du canton. Cette expérience a été enrichissante et elle a changé sa vision : «On peut être très actif en étant à l’EMS, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.»

Il n’hésiterait d’ailleurs pas à encourager son célèbre papa, le chanteur Henri Dès, d’y entrer un jour, «à condition qu’il en manifeste l’envie». Et d’ajouter : «Cette expérience m’a permis de nouer des contacts merveilleux avec certains résidents. Ils ont eu du plaisir à être filmés.» C’est en tout cas le sentiment qui prédomine, notamment lors du plan final, au moment où Pierrick Destraz, guitare en mains, entonne «Nous irons tous au paradis.»

En grand format par ici: https://video.helloeko.com/v/Mw7OGM

Sixties dans le viseur

 

Pierrick Destraz écrit actuellement son deuxième spectacle solo sur le thème du rock and roll et la période des sixties. Des Rolling Stones à Jimi Hendrix, il fera revivre, ou découvrir, à son public cette période mythique. Le spectacle sera présenté en mars prochain au Théâtre 2.21, à Lausanne.

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21 nov 2017

Le saut parfait de Justin Delay

Gymnastique aux agrès – Le Grandsonnois des Amis-Gymnastes Yverdon a décroché un 10, et l’or, à son engin favori aux Championnats de Suisse, dimanche. Tout comme Sandy Jaccard, il a obtenu deux nouvelles médailles.

Justin Delay a trouvé de l’or aux Championnats de Suisse. ©David Piot

Justin Delay a trouvé de l’or aux Championnats de Suisse.

Sandy Jaccard et Justin Delay ont été à la hauteur des espérances, le week-end dernier, lors des finales des Championnats de Suisse individuels aux agrès, à Lucerne, récoltant à eux seuls quatre médailles nationales, dont le titre au saut pour le second nommé, auteur d’un exercice parfait.

Le Grandsonnois des Amis-Gymnastes Yverdon a fait tout juste lors de sa finale du saut. Très à l’aise à l’heure de s’élancer, il a tellement bien réussi ses deux doubles salto demi-vrille que les juges ne lui ont pas enlevé un seul centième. «Je suis ravi d’être à nouveau sur le podium du saut, confiait le champion à l’issue de la journée. C’est mon engin favori, avec le sol, et j’avais vraiment envie de faire une bonne performance. Je ne pensais pas avoir deux fois la note de 10, je suis donc très surpris, mais surtout très content.»

Et comme si cela ne suffisait pas, le gymnaste des AGY s’est offert une troisième place aux anneaux, avec un 9.60. «Ce résultat, c’est que du bonus pour moi. Je n’avais aucune prétention pour un podium, expliquait le Bocan. J’ai fait un bon exercice, mais il n’y a eu aucune erreur parmi les finalistes, c’était donc aux juges de décider.» Et leur choix s’est avéré être le bon.

 

Au pied du podium samedi

 

Sandy Jaccard lors de sa prestation au sol, qui lui a valu l’argent. ©David Piot

Sandy Jaccard lors de sa prestation au sol, qui lui a valu l’argent.

Sandy Jaccard a, pour sa part, livré une performance de haut vol samedi, terminant 4e du concours général avec un total de 37.55, à seulement 5 centièmes de la 3e place. «Je suis satisfaite de mon concours, même si j’étais en bonne voie pour un podium jusqu’au anneaux où, malgré un bon exercice, j’ai été jugée durement.» L’Urbigène a toutefois eu l’occasion de prendre sa revanche le lendemain, lors des finales par engins, où elle était qualifiée au sol, au saut et au reck. Au sortir de belles performances, la gymnaste des AGY a terminé 2e au sol et 3e au reck. «Je suis très contente de ces deux médailles, c’était mon objectif, même si j’aurais voulu conserver mon titre national de l’année passée au sol, affirmait Sandy Jaccard. Je suis satisfaite de mon week-end, et contente de constater que, malgré un nombre d’heures d’entraînement en dessous des autres gymnastes, j’arrive à rivaliser avec les meilleures.»

 

Buchi en embuscade

 

La marche aura été 5 centièmes trop haute pour Francis Buchi, dernier concurrent yverdonnois en lice. Toujours gêné par des douleurs au dos, et malgré de très bonnes performances au reck et aux barres parallèles, où le niveau est comme toujours très relevé, il a fini au pied du podium au reck et à la 7e place aux barres parallèles. Mais au vu de ses prestations du week-end, il ne reste sûrement plus beaucoup de temps avant de le voir rejoindre ses coéquipiers sur le podium national.

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20 nov 2017

Un berger revient à ses moutons dans le Nord-vaudois

Orzens – Chaque année, à la même période, Pascal Eguisier est de retour dans la région. Rencontre avec un homme libre qui n’échangerait pour rien au monde son métier de berger.

Avec son chapeau bergamasque et son bâton de berger, Pascal Eguisier, ne passe pas inaperçu dans la région du Nord-vaudois. ©Carole Alkabes

Avec son chapeau bergamasque et son bâton de berger, Pascal Eguisier, ne passe pas inaperçu dans la région du Nord-vaudois.

C’est un troupeau de 800 bêtes au duvet laineux qui s’est installé dans une clairière, située en contrebas du village d’Orzens, samedi dernier. Depuis quelques jours seulement, Pascal Eguisier, 60 ans, et ses moutons sillonnent à nouveau la campagne romande par des températures plutôt fraîches. Plus de 600 kilomètres les attendent durant cette transhumance hivernale qui durera jusqu’à mi-mars. «C’est la période de la transhumance que je préfère, car le troupeau est encore indiscipliné», confie le berger, un brin anarchiste.

Mais cette année, l’homme qui avait marqué les esprits, en 2012, dans le film «Hiver Nomade», réalisé par Manuel von Stürle, sortira de l’hiver un peu plus tôt que prévu.

Il s’apprête à travailler dans sa buvette d’alpage, ouverte toute l’année et située sur les hauts d’Anzère (VS), dès le 20 décembre.

 

Transmission du savoir

 

Sur le campement, rien de tel pour se réchauffer que des peaux de moutons. ©Carole Alkabes

Sur le campement, rien de tel pour se réchauffer que des peaux de moutons.

Sur son campement, ses deux chiens, Kiwi et Casimir, veillent attentivement sur les moutons, pendant que son apprenti-berger, David Henguely, 33 ans, fait chauffer le café. «Ce n’est pas évident de trouver de la relève, car c’est un métier éprouvant, révèle Pascal Eguisier, qui a appris l’art pastoral auprès des bergers bergamasques. David est à l’écoute et il a cette soif d’apprentissage.» D’ici la mi-décembre, c’est donc seul que le jeune homme poursuivra sa route avec les ovins de Jean-Paul Peguiron, éleveur à Cuarny.

Pascal Eguisier observe avec attention son troupeau de 800 bêtes. ©Carole Alkabes

Pascal Eguisier observe avec attention son troupeau de 800 bêtes.

«Etre berger, c’est un peu comme un sacerdoce. En quelque sorte, on rentre dans les ordres et il faut avoir la foi en ce que l’on fait», glisse Pascal Eguisier entre deux gorgées de café. Et de poursuivre : «Cela fait plus de quarante ans que j’ai choisi cette vie de nomade et je l’assume. Mais je suis conscient que ce n’est pas à la portée de tout le monde. C’est à la fois une liberté et un asservissement, puisqu’on est dévoué 24 heures sur 24 au troupeau». Rien à voir avec l’été qu’il vient de passer, dans les Pyrénées, à s’occuper d’un troupeau de 350 vaches. «C’est différent, le travail de surveillance est moins intense», note le berger originaire de la Corrèze, même s’il a assisté à la naissance de cinquante veaux.

 

Après «Hiver Nomade»

 

L’un des deux ânes, sous la conduite de David Henguely. ©Carole Alkabes

L’un des deux ânes, sous la conduite de David Henguely.

Avec le recul, comment perçoit-il le documentaire qui avait touché bon nombre de Romands ? «L’émotion qui s’est dégagée de ce film m’a beaucoup touché. Il y a des personnes qui n’étaient pas allées depuis quarante ans au cinéma et qui s’y sont rendues trois ou quatre fois pour le voir, raconte-il. Les gens ont ainsi accédé à l’antre du berger.»

La suite de son parcours ? Il ne sait pas encore. «A chaque jour suffit sa peine, sourit-il. Cet après-midi, on va se rendre sur les hauts de Thierrens, mais demain (ndlr : hier) je ne sais pas où nous nous installerons.»

On quitte le berger près de son troupeau en train de caresser l’un de ses quatre guides, Camilo, un mouton de la race pecora brianzola, doux comme un agneau. «On prend toujours un ou deux moutons sous notre aile pour les domestiquer un maximum et pour qu’ils puissent guider les autres», conclut Pascal Eguisier en brandissant un morceau de pain sec.

Au final, c’est peut-être ça qu’il faut retenir du berger, un respect profond pour ses bêtes.

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