Les News de Nord Vaudois - octobre 2017

En collaboration avec le journal La Région.

23 oct 2017

Emmanuelle Bigot, «rideuse» reconvertie et rebelle repentie

Yvonand – Pile vingt ans après la sortie du film «Rolling», l’actrice principale, par ailleurs municipale tapa-sabllia, revient sur cette période et se livre à quelques confidences.

Emmanuelle Bigot dans la position qu’elle adoptait pour dévaler les rues de Lausanne, il y a vingt ans. Elle est aujourd’hui établie à Yvonand, et seul le décor a changé. ©Simon Gabioud

Emmanuelle Bigot dans la position qu’elle adoptait pour dévaler les rues de Lausanne, il y a vingt ans. Elle est aujourd’hui établie à Yvonand, et seul le décor a changé.

D’Emmanuelle Bigot, on connaît son investissement dans la vie politique locale, elle qui a été élue, en 2016, à la Municipalité d’Yvonand. Mais il y a aussi Emmanuelle Bigot l’actrice, celle qui a tenu le premier rôle féminin dans «Rolling», un film-documentaire à succès dressant le portrait de la jeunesse lausannoise, férue de roller et en quête d’accomplissement. Pile vingt ans après la sortie du film dans les salles, la Tapa-Sabllia de 51 ans revient sur cette belle aventure.

 

Emmanuelle Bigot, quels sentiments vous animent au moment de revoir les images du film «Rolling », vingt ans après sa sortie ?

Que le temps passe vite ! Je n’ai pas vu filer les années. Je ne garde que des bons souvenirs de cette époque ; une période joyeuse de ma vie, riche en rencontres humaines. Encore aujourd’hui, des gens qui ont vu le film m’arrêtent dans la rue et me reconnaissent. C’est rassurant, cela doit dire que je n’ai pas tellement changé, du moins physiquement.

 

Le film retrace la vie de votre compagnon de l’époque, Ivano Gagliardo, gloire nationale du roller. Comment avez-vous vécu l’immersion du réalisateur Peter Entell dans votre quotidien, durant toute une année ?

Très bien, vraiment. Peter nous suivait partout : sur les rollers, bien sûr, mais également lors des repas avec la belle-famille, et même dans l’avion (ndlr : Emmanuelle Bigot travaillait alors comme hôtesse de l’air). Nous ne jouions pas de rôles. Mais il faut dire que c’était une époque où la téléréalité n’existait pas. C’était sûrement plus facile qu’aujourd’hui.

 

L’équipe de tournage s’est même immiscée dans votre mariage avec Ivano, à l’église de Préverenges…

C’est vrai. Mais ce n’était pas une cérémonie qui nous représentait. Nous l’avions surtout fait pour ses parents, Italiens et très traditionalistes. Ce que le film ne montre pas, c’est que nous nous sommes dit «oui» à Las Vegas, sur un coup de tête, un 14 février, à 6h du matin, sous une tente et sans un sous, et déguisés en cow-boy pour couronner le tout. Mais ça, ma belle famille de l’époque a eu beaucoup de mal à l’accepter (rire).

 

Votre histoire d’amour a malheureusement tourné court, puisque vous vous êtes séparés peu de temps après. Avez-vous encore des contacts avec lui ?

Un peu. Il est parti refaire sa vie en Italie et il est aujourd’hui papa. Je viens d’ailleurs de lui envoyer un colis contenant des photos de l’époque, ainsi que des coupures de presse, afin que son fils en sache plus sur son père. C’était un gars adorable, avec une formidable aura, mais certainement pas fidèle, ce qui a valu la fin de notre histoire. Du jour au lendemain, il est parti, sans prévenir. Mais je n’ai aucune rancoeur, même si c’était une période difficile.

 

Des scènes du film vous montrent dévalant les rues, du haut de Lausanne à Ouchy, à des vitesses folles. N’aviez-vous aucune limite ?

On faisait ce qui nous plaisait, mais toujours en ayant conscience des risques encourus. Nous avions tous 25-30 ans et notre permis de voiture en poche, et pouvions donc anticiper les manoeuvres des voitures que nous dépassions. Le problème était que des jeunes de 15 ans, qui voulaient nous prouver leur talent, se montraient, eux, inconscients. Là, nous disions «stop».

 

Sur les rollers, vous défiiez non seulement les automobilistes et les piétons, mais aussi la police. Vous considériez-vous comme rebelle ?

Un peu, mais ce n’était pas de la provocation. Disons que plus une règle limitait nos droits individuels, plus nous allions à son encontre.

 

Vous aviez près de 30 ans à cette période. N’était-ce pas un peu tard pour adopter ce genre d’attitude à l’égard de l’ordre établi ?

J’ai connu une jeunesse difficile, avec quelques problèmes de santé. On va dire que j’ai vécu ma crise d’identité un peu plus tardivement que les autres.

 

Et la drogue dans tout ça ?

Il y en avait très peu. Bien sûr, on fumait. Mais jamais de manière addictive. De toute façon, on ne pouvait pas patiner en étant saouls ou drogués, cela aurait été beaucoup trop dangereux. Nous, tout ce qu’on voulait, c’était se marrer.

 

Aujourd’hui municipale à Yvonand, vous êtes du côté de l’autorité. C’est assez paradoxal…

C’est drôle, en effet. J’ai été obligée de me calmer, de me fixer un cadre et d’accepter les règles établies, même si ce n’est pas tout le temps facile. L’Exécutif est, à mes yeux, une mission dans laquelle on doit prendre soin de la population.

 

Et que reste-il de l’Emmanuelle un peu rebelle et à contre-courant d’il y a vingt ans ?

L’envie de faire avancer les choses, et que personne ne se sente à l’écart dans la société. Je me suis toujours considérée comme une activiste, mais dans le dialogue et la négociation. Quant au patinage, j’enfile encore de temps en temps mes vieux rollers de l’époque, accompagnée de ma fille (ndlr : issue d’un second mariage). Mais elle n’est pas plus assidue que cela (rire).

 

«Rolling», retour sur un succès inattendu

 

Ivano Gagliardo, l’acteur principal, et Emmanuelle Bigot, dans le film «Rolling». ©Rolling

Ivano Gagliardo, l’acteur principal, et Emmanuelle Bigot, dans le film «Rolling».

Tourné comme un documentaire et monté à la manière d’un film, «Rolling» a connu le succès lors de sa sortie au cinéma, en 1997. Sélectionné au Festival international du film de Locarno, le long-métrage réalisé par l’Américain Peter Endell dresse le portrait d’une jeunesse amatrice de sensations fortes, mais aussi en quête de respect de soi, de succès et d’accomplissement à une époque où la nouvelle génération ne se reconnaît pas dans le modèle de société établi. Le film retrace également l’organisation, par l’association La Fièvre, de compétitions internationales de roller, faisant de Lausanne la capitale européenne de la glisse. Emmanuelle Bigot a été l’une des chevilles ouvrières de l’association, qu’elle a quittée en 2005.

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23 oct 2017

Le TF force Champagne à entrer au SDIS

Champagne – Selon le Tribunal fédéral, le Conseil d’Etat a le droit d’obliger une Commune à adhérer à l’association intercommunale qui gère le Service de défense incendie et secours (SDIS) du Nord vaudois.

Depuis 2011, la Commune refuse d’adhérer au SDIS du Nord vaudois. ©Michel Duvoisin

Depuis 2011, la Commune refuse d’adhérer au SDIS du Nord vaudois.

Elle a revendiqué ses idées, elle a défendu son autonomie, elle s’est battue jusqu’au bout, mais en vain. La Commune de Champagne a été déboutée par le Tribunal fédéral (TF), dans un arrêt publié mercredi dernier. Elle devra donc rejoindre l’association intercommunale qui gère le Service de défense incendie et secours (SDIS) du Nord vaudois, comme les 38 autres communes membres de la région. «Nous n’avons pas encore creusé l’argumentation du TF, mais nous prenons acte de cette décision et, comme nous ne pouvons pas aller plus loin en justice, nous entrerons dans cette association», commente Fabian Gagnebin, syndic de Champagne.

 

Le résultat d’une longue lutte

 

Pour rappel, la nouvelle Loi vaudoise sur le SDIS, entrée en vigueur le 1er janvier 2011, oblige les communes à s’affilier à une association intercommunale, responsable en la matière. Or, la Municipalité de Champagne, ainsi qu’une douzaine de communes nord-vaudoises, refusaient d’y adhérer. «Nous nous sommes opposés dès la création du SDIS, confie le syndic de Champagne, Fabian Gagnebin. Nous souhaitions amender les statuts de l’association, car nous n’étions pas d’accord avec le fait qu’Yverdon-les-Bains représente la majorité au niveau du comité directeur et que la Ville ait, en plus, une minorité de blocage à l’assemblée générale.» Le TF a donné tort aux opposants, en mars 2013, en refusant de modifier le règlement de l’association intercommunale.

Malgré ce premier échec, Champagne et Grandevent (lire ci-dessous) ont refusé de s’affilier au SDIS régional du Nord vaudois, sans pour autant proposer une autre solution. Ainsi, après avoir accordé plusieurs délais et tenté, en vain, de résoudre le conflit lors d’une conciliation, l’Etat de Vaud a ordonné, en juillet 2016, l’adhésion des deux communes, avec effet immédiat.

 

Plusieurs griefs rejetés

 

Champagne, qui dispose de ses propres pompiers, a considéré que cette décision était disproportionnée et qu’elle contrevenait à son autonomie communale. Pourtant, selon le TF, la Municipalité avait «le choix des moyens pour atteindre le but fixé» par le droit cantonal, à savoir le respect des standards de sécurité. Mais, comme elle n’a rien fait, c’est l’Etat de Vaud qui a choisi à sa place. Et puisque cette décision ne semble pas «déraisonnable», selon le TF, elle doit être maintenue «même si une autre solution paraît également concevable, voire préférable».

La Municipalité critiquait également le tarif exigé par le SDIS régional du Nord vaudois et demandait une nouvelle expertise financière, afin de déterminer les chiffres exacts des charges et revenus de l’association intercommunale. Un élément également rejeté par le TF, qui a jugé l’argumentation insuffisamment motivée. Seul point positif pour la Municipalité : le TF renonce à percevoir des frais de justice.

 

Une alternative pour Grandevent

 

Champagne n’est pas la seule commune du district à avoir refusé de s’affilier au SDIS régional du Nord vaudois : celle de Grandevent est également concernée. Pourtant, la Municipalité a trouvé un moyen d’échapper à cette adhésion forcée. «Nous avons postulé pour rejoindre le SDIS régional de Sainte- Croix et l’ECA (ndlr : Etablissement d’assurance contre l’incendie et les éléments naturels) a accepté, explique Claude-Alain Briod, syndic de Grandevent. Si le Conseil général et le Conseil d’Etat valident cette solution, nous pourrons signer un contrat de prestations dès le 1er janvier 2018.»

Comment la Municipalité a-telle réussi ce tour de force ? «Les premiers à intervenir en cas d’incendie, ce sont les secours de Villars-Burquin, explique le syndic. Et, ensuite, que ce soient les pompiers de la caserne de Grandson qui interviennent ou ceux de Sainte- Croix, les secours respectent les délais légaux. Donc, comme on a le choix, on préfère s’affilier à Sainte-Croix, parce qu’à mon avis, ce sera plus facile de se faire entendre et de discuter avec eux.»

Toutefois, tant que cette option n’a pas été validée par le Canton, Grandevent est toujours partie prenante dans une procédure dirigée contre l’Etat de Vaud. Affaire à suivre.

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23 oct 2017

YS est de retour dans la course

Football – Promotion League – Trois poteaux, trois buts et trois points : la soirée de samedi a été prolifique pour Yverdon Sport, face à Zurich II. L’équipe d’Anthony Braizat se retrouve à trois petites unités de la première place.

Yverdon Sport a touché les montants du but zurichois à trois reprises en première mi-temps. Le gardien Bojan Miloslavljevic était battu à chaque fois... ©Michel Duvoisin

Yverdon Sport a touché les montants du but zurichois à trois reprises en première mi-temps. Le gardien Bojan Miloslavljevic était battu à chaque fois…

Les bonnes nouvelles se sont enchaînées, samedi dernier, pour Yverdon Sport. Tout d’abord, et avant même que le match au Stade Municipal ne débute, le leader Kriens a été battu par Sion II. Ensuite, Brühl, le plus proche poursuivant d’YS, est également tombé, sur la pelouse de Stade-Lausanne-Ouchy. Enfin, L’équipe de la Cité thermale a renoué avec le succès en s’imposant 3-1 contre Zurich II, au terme d’une rencontre bien maîtrisée. La journée aurait été 100% parfaite, du point de vue des hommes d’Anthony Braizat, si Stade Nyonnais, le nouveau premier de classe, avait perdu des plumes.

«A ce moment de la saison, il est important d’en faire un peu plus encore pour être proches des deux premiers, martelait l’arrière yverdonnois Adriano De Pierro. L’équipe travaille, elle est sérieuse et elle sait où elle veut aller.» Un discours empli de conviction, après une rencontre bien maîtrisée.

 

YS touche du bois

 

Néanmoins, le public nord-vaudois a pu croire que la poisse allait s’en mêler et coller aux basques de ses protégés, au cours d’une première mi-temps durant laquelle les Verts ont touché les montants à trois reprises (Eleouet 28e, Deschenaux 34e et Cissé 42e). Heureusement, Yverdon n’a pas été puni sur la plus grosse occasion des visiteurs, juste avant la pause, quand De Pierro a de justesse contré deux tirs zurichois de suite. Le défenseur allait également être un des acteurs décisifs de la deuxième période.

L’ex-Xamaxien a toutefois, en premier lieu, cédé la vedette à Eleouet et Cissé. L’ailier d’YS a véritablement servi de détonateur dès son entrée en jeu pour Ngindu (sorti à la 18e, touché à un genou). Dans tous les bons coups, le dribbleur fou a, après être passé entre deux adversaires, obtenu un penalty que l’ancien buteur de Liverpool s’est chargé de transformer.

Entreprenants, les Yverdonnois ont, comme depuis la deuxième moitié de la première mi-temps, continué à se créer des occasions à un rythme régulier -souvent sur balles arrêtées-, jusqu’à ce que De Pierro enfile le costume de finisseur : d’abord à la conclusion d’un corner botté par Eleouet et prolongé par Rossé (74e), puis au terme d’une incroyable percée menée depuis sa propre surface de réparation, en relais avec Deschenaux et Cissé (88e).

«Face à un adversaire qui joue bien au ballon, les consignes étaient de ne pas trop reculer, pour ne pas laisser les Zurichois construire et récupérer des ballons haut. Dans l’ensemble, on a su se montrer agressifs», estimait le double buteur, au terme de son show. La partition des siens a été plutôt convaincante, c’est vrai, puisque dès la 25e, et une première chance de but pour Rushenguziminega, Yverdon n’a cessé d’avoir la mainmise sur la rencontre.

Le retour de Ludovic Magnin au Stade Municipal n’aura pas été franchement évident pour l’ancien latéral de l’équipe de Suisse. Très démonstratif et volubile sur son banc de touche -notamment pour réclamer des avertissements-, l’entraîneur de la réserve zurichoise a régulièrement fait le bonheur de la tribune, qui le lui a fait savoir avec une tendresse toute nord-vaudoise.

 

Yverdon Sport – Zurich II 3-1 (0-0)

 

Buts : 48e Cissé, pen. 1-0 ; 74e et 88e De Pierro 3-0 ; 89e Cavusevic 3-1.

Yverdon : Da Silva ; Reis, Rossé, De Pierro, Tavares ; Lusuena (50e Chappuis), Doumbia ; Ngindu (18e Eleouet), Rushenguziminega (69e Caslei), Deschenaux ; Cissé. Entraîneur : Anthony Braizat.

Zurich : Miloslavljevic ; Dixon, Stahel, Kamberi, Ndau ; Rohner (60e Antoniazzi), Domgjoni, Maouche (77e Pereira), Haile-Selassie (69e Tia Chef); Rexhepi ; Cavusevic. Entraîneur : Ludovic Magnin.

Notes : Stade Municipal, 782 spectateurs. Arbitrage de David Schärli, qui avertit Maouche (35e, jeu dur), Ndau (60e, jeu dur), Tavares (90e, jeu dur) et Da Silva (91e, antijeu).

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20 oct 2017

La pêche professionnelle tapa-sabllia a un nouveau visage

Yvonand – Habitant depuis une dizaine d’années la localité, Pierre-Alain Chevalley, 43 ans, est pressenti pour succéder au pêcheur Luc Ottonin, décédé en 2016.

Pierre-Alain Chevalley, 43 ans, est prêt à relever le défi et à s’installer à l’embouchure de la Menthue, sous certaines conditions toutefois. ©Carole Alkabes

Pierre-Alain Chevalley, 43 ans, est prêt à relever le défi et à s’installer à l’embouchure de la Menthue, sous certaines conditions toutefois.

Sur les rives du lac de Neuchâtel, la pêche est une tradition ancestrale et profondément ancrée dans le terroir et le savoir-faire local. Mais, depuis quelques années déjà, la profession navigue en eaux troubles. Tonnages en baisse, problématique des eaux trop pauvres en phosphore ou concurrence déloyale des cormorans et autres volatiles gourmands en poissons, les vents contraires sont nombreux dans un métier pour lequel l’intérêt semble en perdition, et dont le nombre de professionnels est en chute libre.

A Yvonand, la question est sans doute encore plus vraie qu’ailleurs. Depuis le décès de Luc Ottonin, en juin dernier, la bourgade s’est retrouvée orpheline de toute activité professionnelle liée à la pêche (voir ci-dessous). Mais les autorités communales pourraient bien avoir trouvé son successeur, en la personne de Pierre-Alain Chevalley. L’ingénieur en gestion de l’environnement établi dans la localité depuis une décennie est, en effet, en passe d’obtenir son permis et les discussions avec la Commune sont déjà bien entamées. «Les deux parties ont très envie que cela se fasse, c’est certain, mais la question de l’endroit précis n’est pas encore réglée. Diverses pistes sont explorées», explique le Tapa-Sabllia de 43 ans. Parmi les options, celle de reprendre la parcelle de Luc Ottonin, dans le village des pêcheurs, est sur toutes les lèvres. Mais les conditions sont nombreuses. «D’abord, il faudrait que je puisse bénéficier d’un accès au lac, via la Menthue, durant toute l’année. Cela veut dire qu’il faudrait draguer la rivière et l’embouchure, détaille-t-il. Ensuite, il est nécessaire de procéder à des investissements conséquents, comme l’aménagement de plusieurs locaux hygiéniques, et le raccordement du hameau à la STEP, ainsi que de bénéficier d’un apport en électricité suffisant pour alimenter une chambre froide, notamment. Sans tout cela, je ne m’installerai pas à Yvonand. A moins que je m’établisse ailleurs sur le territoire de la commune, ce qui est en négociation (voir ci-dessous).»

 

«Le potentiel est là»

 

Nouveau dans la profession -le menuisier de formation est en pleine reconversion-, Pierre-Alain Chevalley ne semble pas affecté par les témoignages pas toujours optimistes à propos de l’avenir de la pêche professionnelle qui lui sont parfois adressés. «Au cours de mes stages effectués chez différents pêcheurs, que ce soit sur le Léman ou sur le lac de Neuchâtel, je crois m’être fait une assez bonne idée de ce qui m’attend. Et si je n’y croyais pas, je ne foncerais pas», confie l’intéressé. Novice, mais pas naïf, il sait qu’il devra non seulement pêcher le poisson, mais aussi le préparer et le vendre. «Le métier a évolué. Sans la vente directe, auprès des restaurants et des particuliers, c’est impossible aujourd’hui», assure-t-il. Pour arriver à ses fins, le pêcheur devra investir plus de cent mille francs pour acquérir un matériel de qualité et prêt à l’usage. «J’ai déjà racheté le bateau de Luc Ottonin à sa famille. Il y a pas mal de travaux à faire dessus, mais c’est une manière de faire en sorte que ce qui appartient à Yvonand reste à Yvonand, poursuit l’amoureux des traditions. Pour le reste, notamment l’aménagement de différentes salles de travail séparées, je cherche encore des investisseurs.

Si l’établissement de Pierre-Alain Chevalley sur les rives tapa-sabblias du lac de Neuchâtel semble en très bonne voie, cela ne se fera sans doute pas dans l’immédiat. Des discussions entre la Municipalité et le pêcheur ont déjà eu lieu et d’autres se dérouleront tout prochainement. Ensuite, il faudra encore patienter avant d’obtenir les autorisations cantonales, et ce quelque soit l’endroit où le bateau sera amarré. Après une année sans, les effluves de poisson fraîchement pêché pourraient donc à nouveau gagner Yvonand.

 

Avenir incertain pour le village des pêcheurs

 

©Carole AlkabesPropriété du Canton, le vieillissant mais néanmoins très bucolique village des pêcheurs a, durant quelques décennies, coulé des jours heureux. Mais, aujourd’hui orphelin de pêcheurs, son avenir n’a jamais été aussi incertain. Sa raison d’être étant conditionnée à l’hébergement d’une activité professionnelle liée à la pêche, il pourrait se voir rayé de la carte. «La balle est dans le camp du Canton, en effet. A Yvonand, il y a en tout cas une forte volonté politique que ce lieu emblématique de la vie du village soit conservé tel quel, ou en procédant à des aménagements, que ce soit en accueillant Pierre-Alain Chevalley ou non», explique Olivier David, municipal en charge des domaines, des plages et des forêts. D’autres possibilités existent, notamment près du port, mais là aussi, le Canton aura le dernier mot, «car le site envisagé pour accueillir l’activité de pêche se situe dans une réserve forestière», détaille le Tapa-Sabllia.

 

Poursuivre une tradition piscicole bien ancrée

 

De tous les village nord-vaudois situés sur la rive sud du lac de Neuchâtel, Yvonand fait partie de ceux qui possèdent une riche tradition de pêche. Bourgade lacustre par excellence, elle a accueilli, dans les années 1970, jusqu’à onze pêcheurs. L’intérêt marqué par Pierre- Alain Chevalley pour reprendre l’unique poste officiel, laissé vacant après le décès de Luc Ottonin, l’été dernier, est donc chaleureusement accueilli par les autorités communales. «Il est fondamental qu’Yvonand conserve une activité de pêche. Mais pas à n’importe quel prix, précise le municipal Olivier David. Nous voulons donner la priorité à un pêcheur du village, du cru, et non pas à quelqu’un qui vienne poser ses filets avant de repartir. Aujourd’hui, pour survivre, un professionnel ne peut plus se contenter de simplement pêcher. Le développement d’un commerce de proximité, qui fasse vivre le village, est quasi obligatoire. C’est de bon augure.»

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20 oct 2017

Antidote Festival en route vers le succès

Yverdon-les-Bains – L’Association Fest’Y’Rives a réussi son pari avec la troisième édition de l’événement musical, qui s’est déroulée en août dernier à La Marive. Car, pour la première fois, la manifestation est devenue rentable.

Le groupe breton Soldat Louis (ici Michel Banuls) avait enflammé la scène de La Marive, dès le premier soir de l’Antidote Festival. ©Alkabes-a

Le groupe breton Soldat Louis (ici Michel Banuls) avait enflammé la scène de La Marive, dès le premier soir de l’Antidote Festival.

L’Association Fest’Y’Rives a trouvé la formule magique pour l’Antidote Festival, qui s’est déroulé en août dernier, à La Marive, à Yverdon-les-Bains (lire La Région Nord vaudois du 7 août dernier). Car, après avoir bien profité de la fête et du soleil, l’heure était au debriefing pour les programmateurs, ces dernières semaines. Et c’est sans cacher une certaine satisfaction que le comité organisateur a annoncé être dans les chiffres noirs, enregistrant un petit bénéfice de 1053 francs.

C’est certes moins que ce qui était budgeté (3800 francs), mais c’est une première pour l’événement musical, qui avait terminé dans le rouge les deux années précédentes. «Nous sommes vraiment très contents, car cette troisième édition était un petit peu le test. Soit ça passait, soit ça cassait», confie Fanny Dubrit, trésorière de Fest’Y’Rives.

 

Une formule qui marche

 

Pour rappel, les deux premières éditions de l’Antidote Festival se sont déroulées en plein air, au bord du lac. Un concept qui aurait pu être très sympa, s’il n’avait pas plu à chaque fois. Un triste coup du sort qui s’est ressenti dans les comptes de l’Association Fest’Y’Rives.

Alors, pour conjurer la malédiction et assurer un toit au-dessus de la tête des artistes et du public, les organisateurs ont décidé de se replier, pour la première fois l’été dernier, à La Marive. «C’était très important pour nous de garder l’aspect open air, donc nous avons développé des activités à l’extérieur en accueillant, par exemple, des foodtrucks, et en planifiant des animations pour les familles, précise Fanny Dubrit. Et je pense que nous avons trouvé le bon compromis.»

Et pour cause : plus de 3000 personnes se sont déplacées jusqu’à La Marive pour profiter de l’ambiance, quelque 1700 tickets de concert ont été vendus et la recette des boissons a presque triplé par rapport à ce qui était prévu, atteignant près de 35 000 francs (contre 13 700 francs pronostiqués). «C’était beaucoup mieux que d’habitude, témoigne la trésorière. Et, comme il a fait très chaud durant le festival, les buvettes ont bien fonctionné.»

Côté budget, pas de mauvaises surprises non plus, puisque celui-ci s’est avéré moins élevé que projeté, atteignant 129 027 francs. A noter que les deux invités d’honneur -Soldat Louis et Superbus- ont coûté moins cher que prévu. Et, grâce à cette économie, les organisateurs ont pu, notamment, rétribuer d’autres artistes locaux, tels que le trialiste de Ramdam, Jérôme Chapuis.

 

Quelques points à améliorer

 

En revanche, l’Association Fest’Y’Rives a peut-être vu quelques chiffres trop grands en établissant le budget de la manifestation. En effet, les dons des sponsors ont rapporté 62% de moins que planifié et le soutien des services publics, tels que la Ville d’Yverdon-les-Bains et le Canton, moins 58%. «Nous avions deux ans pour revoir tout le concept du festival et relancer la manifestation, et c’est vrai qu’on était un petit peu tard pour la recherche de fonds», explique la trésorière.

Mais ce ne sont pas les seules ombres au tableau : «Nous avons remarqué quelques éléments à améliorer, avoue Fanny Dubrit. Par exemple, il faudrait plus communiquer sur les animations extérieures et réfléchir à une autre stratégie pour mieux mettre en valeur les petits groupes qui jouaient avant et après les têtes d’affiche, car il n’y avait parfois pas beaucoup de public.»

 

Une quatrième édition ?

 

Malgré ces quelques détails organisationnels à adapter, la nouvelle organisation de l’Antidote s’est donc avérée payante. «Ce résultat positif nous donne un nouveau souffle pour continuer l’année prochaine, avec la même formule», dévoile Fanny Dubrit, en cultivant un certain mystère quant à la prochaine programmation qui est en cours de préparation.

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20 oct 2017

Retour en terrain connu

Football – Promotion League – Dix-sept ans après son départ d’Yverdon Sport pour Lugano, puis l’Allemagne, Ludovic Magnin retrouve le Stade Municipal, demain, en tant qu’entraîneur de la «deux» du FC Zurich.

Ludovic Magnin s’est servi de son expérience acquise en Allemagne pour composer son effectif. ©DR

Ludovic Magnin s’est servi de son expérience acquise en Allemagne pour composer son effectif.

«Ça va être un match comme un autre pour mes joueurs, mais très, très particulier pour moi. Ça fait déjà 17 ans et…», Ludovic Magnin marque une pause, comme rattrapé par le souvenir de toutes ces années passées en un rien de temps. Le début de son aventure à Yverdon Sport ; son départ pour Lugano, puis l’Allemagne ; son (long) passage en équipe nationale. «Les grilles à l’entrée du Stade sont toujours là ? Questionne- t-il. Oh oui ! Ça va faire remonter plus d’un souvenir de les revoir.»

 

Il n’a rien oublié

 

Si l’ancien défenseur est sur le point d’effectuer son retour au Stade Municipal, c’est qu’il est aujourd’hui l’entraîneur principal de la deuxième équipe du FC Zurich, qu’Yverdon Sport reçoit demain, à 17h30. «En fait, ça fait depuis qu’YS a été promu que je me réjouis. Si on avait les moyens, j’aurais même prévu un camp d’entraînement d’une semaine dans le Nord vaudois», plaisante-t-il.

Bien qu’il vive désormais à Zurich avec sa famille, le natif d’Echallens n’a pas tiré une trait sur ses racines. «Yverdon, c’est tout pour moi. Ce n’est pas seulement la ville où j’ai signé mon premier contrat semi-pro, c’est aussi là que je suis allé au gymnase, que j’ai grandi. L’été, lorsqu’on rentre voir la famille, on passe toujours par la région. Et on ne repart jamais sans être allé faire un tour au bord du lac, à Yvonand.»

Mais c’est bien dans la capitale économique du pays que Ludovic Magnin a élu domicile. Il y a passé ses deux dernières saisons en tant que joueur (2010-2012), avant de rejoindre le secteur de formation du club. «M’instruire au métier d’entraîneur était une condition nécessaire à mon retour en Suisse, lâche celui qui venait de passer sept ans entre Brême et Stuttgart, où il a conquis notamment un titre national avec chaque équipe. Mes six premiers mois ont été entièrement dévolus au fait d’apprendre à connaître tout le monde, des M12 aux M21. Après quoi, j’ai commencé à m’occuper des M18, jusqu’à l’été dernier.»

A quoi ressemble l’équipe que va affronter Yverdon demain ? «A mon arrivée, on a gentiment poussé vers la sortie les joueurs un peu trop vieux, pour faire de la place aux jeunes. Pour les encadrer et effectuer la liaison entre le terrain et le banc : Florian Stahel (ndlr : 15 saisons de Super League à son actif). Il a accepté de quitter Wohlen, avec qui son contrat courrait encore, pour rejoindre la réserve du FCZ. On aurait aussi souhaité recruter son pendant offensif, mais on ne l’a pas trouvé. Le mélange donne une équipe (5e, quatre points derrière YS) qui joue plutôt bien au foot. D’ailleurs, la manière comptera davantage que le résultat, demain.»

Ni plan de carrière ni chemin tracé d’avance : pour la suite de son parcours d’entraîneur, le Vaudois avance pas à pas. «Il faut déjà que je finisse mes diplômes. Il me reste six mois. C’est primordial pour moi avant de potentiellement m’engager plus haut. Ensuite, l’avenir dépendra de la qualité de mon travail.»

Ses diplômes, il les effectue en même temps qu’Anthony Braizat, le coach d’Yverdon Sport. Ce dernier l’a-t-il mis en garde concernant les fins de match canon de son équipe ? «Si on gagne 0-4 à la pause, YS peut bien nous en mettre un ou deux en fin de rencontre», sourit un Ludovic Magnin impatient d’en découdre.

 

«C’était mon nom au télétexte»

 

©DRSélectionné à 63 reprises, Ludovic Magnin a été l’un des défenseurs emblématiques de l’équipe nationale suisse des années 2000. Une époque durant laquelle la rivalité avec la France a probablement atteint son paroxysme. «C’est vrai qu’on a souvent affronté les Bleus lorsque j’évoluais avec la Nati.» Ce qui signifie que le Vaudois a été plusieurs fois confronté à Djibril Cissé, qu’il retrouvera demain. «Ça va faire bizarre de se situer de l’autre côté du banc, alors que lui joue encore, se marre-t-il. Il y a eu ce match, au Stade de Suisse, lors des qualifications pour la Coupe du monde 2006 (ndlr : le 8 octobre 2005). Il avait ouvert le score. En fin de rencontre, alors qu’on poussait pour revenir, j’ai pu tirer un coup-franc. Il a été dévié par un défenseur français (ndlr : Lilian Thuram), mais il est entré. Et comme je ne marquais pas souvent, je l’ai gardé pour moi. C’est bien mon nom qui était inscrit au télétexte.»

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19 oct 2017

La difficulté est un extraordinaire stimulant

Montagny-près-Yverdon – Le nouveau bâtiment du Secteur psychiatrique nord, En Chamard, a posé des problèmes techniques hors du commun au concepteur et aux réalisateurs, qui ont aujourd’hui la fierté d’avoir réalisé un objet d’ores et déjà emblématique.

Urs Bona a réalisé un vrai rêve d’architecte. ©Raposo

Urs Bona a réalisé un vrai rêve d’architecte.

Lorsqu’on évoque la construction du Caméléon, un nom fruit de l’imagination de notre consœur Joëlle Isler, Carlo Di Pietrantonio, à la fois promoteur, avec son associé Yves Schaller, et entrepreneur, par sa société Bâtimétal, sourit et dit à quel point l’immeuble de La Brinaz l’émeut chaque fois qu’il l’admire, à toute heure, lorsqu’il circule entre son domicile de Valeyres-sous-Montagny et le Bey.

Cette émotion n’a d’égale que celle d’Urs Bona (Bona architecture et design), qui devient carrément dithyrambique lorsqu’il évoque l’aventure de ce paquebot. C’en est un, d’une certaine manière, car il flotte comme un véritable bassin de piscine plongé dans la nappe phréatique, et sa forme n’a rien à envier à celle d’un transatlantique.

Avec une différence notable toutefois : cet immeuble emblématique a l’apparence d’éléments articulés, telles des vertèbres. «Il n’y a pas un angle droit», image Carlo Di Pientrantonio.

 

Une première en Suisse

 

Carlo Di Pientrantonio sur une petite portion de façades constituées de 40 000 écailles ! ©Raposo

Carlo Di Pientrantonio sur une petite portion de façades constituées de 40 000 écailles !

Et d’énumérer tous les défis techniques posés par cet ouvrage. «Cela a été un vrai casse-tête. Il a fallu tout étudier dans le détail, jusqu’au moindre raccord. Pour le bâtiment vert, on n’avait pas imaginé que la charpente allait être vrillée. C’est vrai qu’on a eu des soucis, mais on n’a jamais été découragés », explique le patron de Bâtimétal, dont la cinquantaine de collaborateurs ont été totalement impliqués dans ce projet hors du commun.

Le revêtement des façades, soit 40 000 écailles en inox anodisé, est unique en Suisse. Elles ont été préparées (découpe laser) chez Bâtimétal. Aujourd’hui, le patron est particulièrement fier du rendu : «On ne s’attendait pas à un tel résultat. C’est beaucoup plus que ce qu’on espérait.» Dans l’histoire de Bâtimétal, entreprise fondée il y a exactement 35 ans, cet immeuble fera date.

«Avec Urs, la collaboration a été fructueuse et très constructive», souligne Carlo Di Pientrantonio, rendant hommage à un architecte qu’il connaît bien.

 

Une opportunité

 

Si la forme de l’immeuble aux couleurs de l’arc-en-ciel était voulue dès le début, sa destination finale, elle, n’est pas celle prévue. En effet, le terrain était classé en zone industrielle. Il était donc prévu de proposer des locaux à la destination de l’artisanat et de l’industrie.

Le CHUV, dont dépendent les institutions psychiatriques, était à la recherche de locaux totalisant quelque 4500 m2, pour regrouper les services ambulatoires du Secteur Nord. Le directeur de l’ADNV, Jean-Marc Buchillier, a signalé deux sites possibles, tous deux situés En Chamard : l’immeuble Gonset, alors en construction -il abrite aujourd’hui les centres médico-sociaux (CMS)-, et le projet d’Urs Bona et Carlo Di Pientrantonio.

Au terme d’une évaluation aux allures de concours sur appel, une commission du CHUV a opté pour le Caméléon. Avec un ferme appui de la Commune de Montagny-près-Yverdon et des services de l’Etat -la procédure de changement d’affectation a pris moins d’une année-, le terrain est passé en zone d’utilité publique.

La distribution des locaux et leur aménagement correspond à un cahier des charges établi par l’utilisateur, qui bénéficie d’un droit d’emption en vue d’un achat ultérieur. L’architecte Urs Bona est fier du résultat : «C’est un centre régional. Il doit avoir une aura et je crois qu’on a réussi à interpeller. C’est une colonne vertébrale, avec quatre unités qui font un tout.»

Le concepteur relève que la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille. N’a-t-il pas craint de se lancer dans un pareil défi ? «Un tel projet, c’est le nirvana pour un architecte. Il n’y a pas plus facile que de faire un bâtiment carré. Ici, il a fallu créer», déclare avec enthousiasme Urs Bona. Une toute jeune utilisatrice lui a déjà confié que c’était sa «maison des fées».

Le bâtiment témoigne, par ses façades, des humeurs du temps et des saisons. A l’intérieur, il a été pensé pour toutes les générations qu’il accueille. Avec un souci du détail et d’intégration assez impressionnant. La passerelle qui relie deux corps de bâtiment, à la fois œuvre artistique et élément de sécurité, illustre à merveille ce sentiment.

Au-delà de l’aspect esthétique, le résultat est époustouflant. Répondant aux dernières normes Minergie, il n’est pas plus cher qu’un autre bâtiment de l’Etat, assure Urs Bona.

Isidore Raposo ■

 

D’intéressantes synergies devenues possibles

 

Montagny-près-Yverdon – Le bâtiment présenté ci-contre a, donc, été récemment mis à disposition de la cheffe du Secteur psychiatrique Nord, Françoise Menu, et de ses collaborateurs. Une aubaine pour tout le service, des patients à l’administration.

Le nouveau bâtiment, avec ses angles inhabituels, accueille différentes unités mobiles, ainsi que des petites classes pour des enfants qui rencontrent des difficultés dans leurs processus d’apprentissage. ©Carole Alkabes

Le nouveau bâtiment, avec ses angles inhabituels, accueille différentes unités mobiles, ainsi que des petites classes pour des enfants qui rencontrent des difficultés dans leurs processus d’apprentissage.

Les nouveaux locaux du CHUV, en périphérie d’Yverdon-les-Bains, attirent forcément l’œil. Les écailles multicolores, se reflétant au soleil, font de ce nouveau bâtiment du Secteur psychiatrique Nord une curiosité architecturale.

A l’intérieur de ce nouveau vaisseau amiral pour la région se regroupent plusieurs activités, jusqu’alors éparpillées entre l’ancienne usine Bolex, la Maison Rouge située à l’avenue des Sports, des locaux à la rue du Valentin et même une unité basée à Payerne.

 

Deux classes

 

La doctoresse Françoise Menu est la cheffe du Secteur psychiatrique Nord et, par la même occasion, sa directrice médicale. ©Carole Alkabes

La doctoresse Françoise Menu est la cheffe du Secteur psychiatrique Nord et, par la même occasion, sa directrice médicale.

Aujourd’hui, ce nouveau centre représente le cœur du système de soins psychiatriques ambulatoires pour un secteur qui s’étend de Sainte-Croix à Vufflens-la-Ville, et de la vallée de Joux à Payerne. Toute la partie hospitalière du secteur, comme celle des urgences, continuera à être assurée par la Maison Rouge, à Yverdon-les-Bains. Les différentes équipes mobiles (pour les enfants, les plus de 16 ans ou encore les personnes âgées), elles, ont été centralisées sur le nouveau site. «Le fait que les différentes équipes mobiles soient toutes basées dans le même bâtiment rend d’intéressantes synergies possibles, détaille la doctoresse Françoise Menu, cheffe du Secteur psychiatrique Nord. Et elles se vérifient tant entre le personnel soignant qu’au niveau administratif. L’échange de compétences rendu possible par la proximité des équipes représente un plus non négligeable. Par ailleurs, à Orbe, une centralisation avait déjà eu lieu en 2015, et les effets se sont déjà fait sentir.»

Egalement intégrées au nouvel édifice, deux classes ont déjà été ouvertes. Ce dispositif de pédopsychiatrie et de pédagogie spécifique peut accueillir environ six élèves par classe et s’inscrit dans le programme baptisé DINO. Les enfants admis dans cette structure sont pris en charge, en regard de problèmes rencontrés lors des processus d’apprentissage (troubles anxieux, par exemple). L’objectif de ces classes est de permettre aux élèves de réintégrer rapidement le cursus normal.

«Il s’agit que les élèves retrouvent les compétences nécessaires, pour qu’ils puissent, ensuite, réintégrer l’école d’où il viennent, où alors un foyer. Par ailleurs, le nouveau centre a également fait une place pour l’antenne Nord des Boréales. «Il s’agit d’une unité cantonale contre la maltraitance intra-familiale, évoque encore Françoise Menu. Cette unité a la particularité de pouvoir traiter tant les victimes que les agresseurs.»

Finalement, on notera encore que l’antenne Nord du Réseau de soutien et d’orientation vers le travail a également intégré le bateau multicolore qui égaie les abords de l’autoroute. Au total, ce sont presque une septantaine de collaborateurs qui ont pris leurs quartiers, à Montagny-près-Yverdon.

Jean-Philippe Pressl-Wenger

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19 oct 2017

Sur les traces des anciennes fermes horlogères

Vallée de Joux – Il y a plus d’un siècle, les paysans horlogers retournaient dans leur atelier, après avoir passé la belle saison dans les champs. 26 fermes horlogères racontent ce patrimoine méconnu.

Selon Olivier Piguet, la propriété de Maurice Mollet, située au lieu-dit Derrière la Côte, est «l’une des plus belles fermes horlogères de la Vallée». La façade en tavillon (sorte de tuiles en bois) servaient de protection thermique pour lutter contre la rudesse de l’hiver. Les paysans horlogers de l’époque avaient aménagé une lignée de fenêtres dans les combles, afin de bénéficier de toute la lumière du soleil. ©Michel Duperrex

Selon Olivier Piguet, la propriété de Maurice Mollet, située au lieu-dit Derrière la Côte, est «l’une des plus belles fermes horlogères de la Vallée». La façade en tavillon (sorte de tuiles en bois) servaient de protection thermique pour lutter contre la rudesse de l’hiver. Les paysans horlogers de l’époque avaient aménagé une lignée de fenêtres dans les combles, afin de bénéficier de toute la lumière du soleil.

Horloger, micromécanicien, ingénieur en microtechnique, bijoutier, graveur, émailleur : autant de métiers qui symbolisent l’univers horloger d’aujourd’hui. Et pourtant, il fut un temps où les paysans de la vallée de Joux se retiraient dans leurs fermes, à l’arrivée de l’hiver, pour réaliser des garde-temps dans leur atelier, baigné par la lumière du soleil. C’est seulement au printemps qu’ils se rendaient au comptoir horloger de Genève pour vendre le produit d’un labeur minutieux.

©Michel DuperrexSoucieux de rendre compte de ce patrimoine, Olivier Piguet, un Combier passionné par l’horlogerie, a répertorié 26 fermes horlogères sur une carte, disponible à l’Office du tourisme de la vallée de Joux. «Dans le cadre des séminaires que j’organise dans mon ancienne ferme horlogère (lire ci-dessous), mes clients m’ont posé de nombreuses questions sur l’histoire des paysans horlogers, raconte-t-il. Face à cet intérêt, j’ai parcouru la Vallée à vélo, à la recherche des fermes horlogères encore existantes, mais méconnues du grand public (ndlr : ce type de construction n’est par inscrit au patrimoine cantonal). Les propriétaires de ces 26 habitations m’ont ouvert leur porte et j’ai décidé de les lister.»

Grâce à la Fondation Paul-Edouard Piguet, l’horloger a réalisé sa carte il y a quatre ans. «C’est une invitation à la balade, confie-t-il. Toutefois, il s’agit de propriétés privées. On peut les admirer, mais seulement depuis l’extérieur.» Et de préciser que l’héritage horloger est devenu «un véritable argument marketing pour les manufactures combières».

 

Un pionnier

 

©Michel Duperrex«Le Jura, c’est un tas de cailloux ; les paysans qui sont arrivés sur ces terres ont d’abord défriché les forêts. Durant la belle saison, tout se passait à l’extérieur, dans les champs, mais les hivers étaient particulièrement rudes», explique Olivier Piguet. Malgré tout, il y avait des manques et les jeunes étaient obligés de se rendre en plaine pour travailler. A la fin du XVIIIe siècle, un Combier a marqué l’histoire des paysans horlogers : Samuel-Olivier Meylan. «Cet homme est un pionnier, explique Vincent Jaton, directeur de l’Espace Horloger du Sentier, intarissable sur le patrimoine horloger de la Vallée. Ce jeune paysan s’est rendu chez un horloger aux portes de Genève. Après avoir appris ce métier avec dextérité, il est retourné chez les Combiers pour partager ce savoir-faire avec son entourage. A l’époque, il était préférable de rester à domicile auprès de sa femme et de ses enfants que de s’exiler à Genève.»

 

Adaptation architecturale

 

Confinés dans leur chaumières, pour une durée de six mois, les paysans horlogers ont fabriqué des blancs (voir image ci-dessus) qu’ils vendaient ensuite au comptoir horloger.

Pour ce faire, il a fallu modifier l’architecture des fermes, qui étaient construites sur les hautes combes (les terrains autour du lac de Joux étaient très marécageux). «Ces artisans ont percé des lignées de fenêtres dans les combles de leur grange situés au sud-ouest, pour bénéficier de la luminosité naturelle, car les bougies et les lampes à pétrole étaient relativement onéreuses à cette époque, révèle le directeur de l’Espace Horloger. «Dans cette région aux hivers rigoureux, le développement de la société n’aurait pas pu se réaliser aussi harmonieusement sans l’apport financier découlant des travaux horlogers produits pendant l’hiver», rappelle Olivier Piguet.

 

Vers l’ère industrielle

 

©Michel DuperrexA l’aube du XXe siècle, qui marque l’avènement du fordisme et du travail à la chaîne, les paysans horlogers quittent leur ferme pour travailler dans les manufactures. «Ces hommes de la terre et de l’atelier ont peu à peu perdu leur vocation paysanne et sont devenus horlogers à plein-temps dans les usines», affirme Olivier Piguet.

L’ingénieux Antoine Le Coultre marquera un tournant dans l’histoire des fermes horlogères, puisqu’il fonda le premier atelier de la Manu facture Le Coultre (ndlr : aujourd’hui Jaeger-LeCoultre) dans une ancienne ferme horlogère, en 1833, au Sentier. Toutefois, cette construction ayant perdu sa vocation agricole, elle n’est pas répertoriée dans la liste des 26 fermes horlogères.

Découvrez notre reportage vidéo sur : www.laregion.ch/regiontv/. ou directement ci-dessous:

Plus d’informations sur le patrimoine horloger de la vallée de Joux sur : www.espacehorloger.ch.

 

Monter sa propre montre en deux jours

Un voyage initiatique à travers l’horlogerie

 

©Michel DuperrexC’est dans sa ferme horlogère pittoresque, construite vers les années 1790 et située au lieu-dit Derrière la Côte, que le Combier Olivier Piguet propose, depuis dix ans, des stages et des séminaires d’initiation aux passionnés de l’horlogerie pour fabriquer leur propre garde-temps.

«Il y a une quinzaine d’années, j’ai acquis cette ancienne bâtisse, confie l’horloger-rhabilleur de formation. La grange et l’atelier étaient totalement en ruine. Contrairement aux paysans horlogers de l’époque, j’ai choisi d’aménager mon espace de travail dans l’ancienne grange, car l’atelier était sombre et froid.»

Sur deux jours de formation, Olivier Piguet dévoile aux curieux tout le savoir-faire horloger (inscriptions obligatoires et longue liste d’attente). «Le but consiste à acquérir des compétences de base, afin de remonter le squelette d’une montre», explique-t-il. Mes clients (ndlr : ils viennent principalement d’Europe) choisissent différents types de découpe, de boîtiers, de cadrans, d’aiguilles et de bracelets pour pouvoir réaliser leur propre montre.»

Plus d’informations sur : www.olivierpiguet.ch.

 

Garde à vous !

Arme redoutable

 

Durant les guerres napoléoniennes, l’empereur Napoléon Ier fait appel au Neuchâtelois Abraham-Louis Breguet (1747-1823) -horloger inventif qui avait acquis une solide réputation auprès de la cour de France et qui avait, notamment, réalisé plusieurs garde-temps pour la reine Marie-Antoinette, avant de se réfugier en Suisse sous la Révolution- pour créer des montres spécifiques pour son armée, qui puissent s’accrocher au costume de ses officiers. «Grâce à ces montres de poche, les soldats arrivaient à l’heure sur les champs de bataille, explique Vincent Jaton, directeur de l’Espace Horloger de la vallée de Joux. Napoléon était un fin stratège, il avait compris que le temps, c’était la clé du succès.»

 

Terre d’accueil

L’héritage réformé

 

La Réforme a joué un rôle majeur dans le développement de l’horlogerie suisse. Avec la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV, en 1685, la plupart des horlogers français, huguenots, émigrent à l’étranger, en Angleterre et en Suisse. Grâce à ce savoir-faire, ces deux pays s’imposeront comme centres européens de fabrication.

Selon Vincent Jaton, «la Vallée devient une terre d’accueil pour les huguenots, soucieux de pratiquer leur culte. L’un d’entre eux, Pierre Le Coultre, a particulièrement marqué l’histoire combière, puisqu’il fut le promoteur du premier temple du Sentier, en 1610 déjà». Le son des cloches et les chants liturgiques ont donc rythmé la vie des Combiers, depuis des siècles. «Les montres à sonnerie, les boîtes à musique et les oiseaux chanteurs expriment cet attachement des habitants de la Vallée à la musique», conclut le directeur de l’Espace Horloger.

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19 oct 2017

Le Portugal comme tremplin

Football – Théo Reymond poursuit sa carrière en Algarve, en 3e division portugaise. Le milieu grandsonnois de 22 ans espère pouvoir s’y mettre en évidence

Le jeune Grandsonnois Théo Reymond exerce ses talents de footballeur en 3 e division portugaise depuis l’été. ©DR

Le jeune Grandsonnois Théo Reymond exerce ses talents de footballeur en 3 e division portugaise depuis l’été.

Lorsqu’il a reçu une proposition pour aller jouer au Portugal, Théo Reymond n’a pas tergiversé. Il a foncé, même. «Après une saison difficile à Chiasso, j’avais envie de changer d’air, de quitter la Suisse. La proposition m’a directement plu. C’est ce dont j’avais besoin.» Depuis l’été, le footballeur grandsonnois de 22 ans porte les couleurs de Lusitano FC Vila Real de Santo António. Lusitano VRSA, pour faire court. Un club de 3e division portugaise, situé à l’extrême sud du pays, à la frontière avec l’Espagne.

«Le club est réputé pour servir de vitrine aux jeunes joueurs. D’ailleurs, je me retrouve avec, entre autres, plusieurs Italiens et Colombiens qui, comme moi, cherchent à se mettre en évidence. Cela constitue un bon tremplin», lance le milieu de terrain.

 

La culture du football

 

C’est après avoir été faire des tests en Italie, où il espérait trouver un contrat, que Théo Reymond a tapé dans l’oeil d’un agent transalpin travaillant pour le club du Portugal. «Dans un pays dont j’apprécie la culture du football», poursuit le Bocan, parti «pour se faire voir».

En Algarve, le Nord-Vaudois a trouvé un cadre qui le comble. Son appartement est situé à côté du stade, dans un centre sportif qui comprend deux terrains en herbe, deux autres synthétiques, une piste d’athlétisme, une piscine intérieure, un fitness et un centre médical : tout ce dont un sportif peut avoir besoin pour se réaliser. L’équipe s’entraîne à raison d’une ou deux séances quotidiennes. Par ailleurs, les joueurs sont nourris et logés. «Plusieurs clubs européens viennent ici en préparation, affirme l’ex-footballeur d’Yverdon Sport. La qualité de vie est parfaite, avec une météo exceptionnelle et la plage. Je m’y sens vraiment bien.»

L’adaptation n’a pas franchement posé de problème. Non seulement parce qu’il a été très bien accueilli, mais aussi parce qu’une bonne partie du staff est d’origine italienne -il a appris la langue lors de son année au FC Chiasso – et, enfin, parce qu’il parle castillan, sa maman étant espagnole. De quoi lui permettre de communiquer facilement, tout en se faisant l’oreille au portugais.

 

Face à Iker Casillas

 

Durant la préparation estivale, Lusitano VRSA a, entre autres adversaires de valeur, affronté le FC Porto. «Avec Iker Casillas et toutes les stars», raconte Théo Reymond, encore ému, lui qui a disputé la première mi-temps de ce match finalement perdu 5-0 par ses couleurs.

Capable d’évoluer à tous les postes axiaux du milieu du terrain, le demi a, ainsi, été directement plongé dans le vif du sujet, et il s’épanouit dans une philosophie de jeu qui lui correspond totalement : «On joue beaucoup au ballon», glisse-t-il, avant d’évoquer l’avenir : «Jusqu’ici, je suis assez content de mes performances individuelles. J’espère enchaîner les matches avec du temps de jeu, puis on verra en fin de saison quelles seront les opportunités.»

Entre les rencontres et les entraînements, le Bocan profite de l’environnement. «Il n’y a pas de routine, notre programme est varié. Compte tenu de l’intensité des séances et de la chaleur qu’il peut faire, on prend pas mal de temps pour récupérer et se reposer, détaille-t-il. Parfois, avec les coéquipiers, on profite d’aller à la mer pour se changer les idées.» Un autre terrain où s’épanouir.

 

De Grandson à l’Algarve, en passant par le Tessin

 

Le parcours de footballeur de Théo Reymond est pour le moins original, pour un garçon qui a grandi à Grandson. Après avoir commencé à taper dans le ballon au terrain des Tuileries, le Bocan est passé par la filière Team Vaud, à Yverdon-les-Bains puis Lausanne. Ensuite, il a rejoint Yverdon Sport -qui venait de quitter la Challenge League- et a fêté l’ascension de 2012 dans la nouvelle 1re ligue Promotion, avant de partir pour le Valais, où il a passé quatre années entre les M18 (les premiers mois) et les M21 du FC Sion, en Promotion League.

«Après trois années en M21, la suite logique était d’intégrer la Challenge League», raconte le milieu de terrain, qui a été engagé par le FC Chiasso. «Je suis arrivé blessé au Tessin, puis le club a connu des problèmes, notamment financier, explique celui qui n’a alors jamais été aligné en deuxième division suisse, prêté un temps à Mendrisio, en 1re ligue. La saison s’est révélée à la fois pénible et enrichissante. J’ai notamment appris l’italien.» Le fait de vivre alors tout près de la frontière lui a, aussi, permis de se rendre à un week-end de recrutement, à Lecce, où il a été repéré par l’agent qui l’a envoyé, durant l’été, en troisième division portugaise, au Lusitano VRSA.

 

Sous la direction d’un ex-attaquant de Serie A

 

Lusitano VRSA évolue dans le Campeonato de Portugal, soit la 3e division, elle-même divisée en cinq groupes de seize équipes. Le club de Vila Real de Santo António a mal débuté son championnat, dans le groupe E. Avec seulement quatre points en six rencontres, l’équipe dirigée par l’Italien Carmine Esposito (ex-attaquant de Serie A et B, qui a notamment porté les couleurs d’Empoli, de la Fiorentina et de la Sampdoria) est en queue de classement. Le club a tout de même remporté la Supercoupe d’Algarve, au mois d’août.

«Le contenu de nos matches est plutôt bon, l’équipe joue bien, mais on rencontre des difficultés à la conclusion», estime Théo Reymond, qui situe le niveau du championnat entre celui de la Promotion League et celui de la Challenge League : «C’est moins tactique qu’en Suisse, mais supérieur en intensité et techniquement, si je compare à ce que j’ai pu connaître. Je n’imaginais pas trouver un football aussi agressif.»

Ce dimanche, Lusitano VRSA rencontrera le Sporting Clube Farense, dans un derby qui promet beaucoup. La formation de Faro, capitale du district tout au sud du pays, pointe en tête du groupe, avec cinq victoires en six journées. «C’est le club phare de la région. Ça va être un beau match», se réjouit le Grandsonnois.

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18 oct 2017

C’est reparti pour un tour pour les Re 460

Yverdon-les-Bains – Une locomotive Re 460 a fait peau neuve dans les ateliers ferroviaires. Ce lifting s’inscrit dans un vaste programme de rénovation, lancé en 2013 par les CFF, qui consiste à réduire sa consommation d’énergie.

L’entreprise italienne Pininfarina a réalisé le design du véhicule ferroviaire. ©Michel Duvoisin

L’entreprise italienne Pininfarina a réalisé le design du véhicule ferroviaire.

D’un rouge éclatant, une locomotive Re 460 a fait forte impression, hier matin, à l’occasion de sa présentation dans les ateliers CFF d’Yverdon-les-Bains. La raison de cette cure de jouvence ? Avec près de cinq millions de kilomètres au compteur, l’emblème du paysage ferroviaire helvétique est arrivée à mi-parcours.

Lancé sur les rails en 1992, le véhicule, dont le design a été conçu, à l’époque, par Gian-Battista Pinin Farina (l’un des partenaires de Ferrari), a été entièrement modernisé pour un montant de 1,9 million de francs. Cette Re 460 est, ainsi, la première d’une série de 119 locomotives à pouvoir bénéficier d’une telle rénovation. «Si nous avions dû commander de nouvelles locomotives, il aurait fallu investir entre six et dix millions de francs par engin, estime Gérald Rudaz, chef de projet général au sein de l’entreprise ferroviaire. Grâce à cette rénovation, les locomotives pourront encore circuler durant les vingt prochaines années en toute sécurité.»

Après réflexion, les véhicules ferroviaires -ils peuvent tracter jusqu’à quatorze wagons- ont fait l’objet d’un vaste programme de rénovation, qui a débuté en 2013. Les travaux ont été entrepris dans les ateliers yverdonnois et devraient se poursuivre jusqu’en 2022.

Plus d’une soixantaine de personnes se sont attelées à la rénovation technique de cette première Re 460 sur une période de huitante jours. «Grâce à notre savoir-faire, cette durée diminuera à l’avenir pour atteindre quarante jours par locomotive», assure Gérald Rudaz. Selon le chef de projet technique, Daniel Fontanellaz, «il est important que la maîtrise technique soit maintenue en Suisse, et particulièrement dans la Cité thermale (ndlr : les ateliers yverdonnois sont spécialisés dans l’entretien des locomotives de type Re 460)».

 

Une économie d’énergie

 

Les 119 locomotives pourront circuler vingt années supplémentaires. ©Michel Duvoisin

Les 119 locomotives pourront circuler vingt années supplémentaires.

«Des améliorations techniques, telles que le remplacement du compresseur à air, l’amélioration des composants de commande, ainsi que l’installation d’un nouveau convertisseur de traction permettent, entre autres, de réguler l’énergie», poursuit Gérald Rudaz. A l’issue de la transformation, les engins pourront réaliser une économie énergétique de près de 27 GWh par année, soit l’équivalent de la consommation d’énergie de la ville d’Olten sur une année.

La locomotive sera remise sur les rails de Suisse d’ici quatre semaines. Mais, avant cela, elle sera présentée, samedi 28 octobre, à Berne, à l’occasion du premier coup de pioche en vue de l’agrandissement de la gare.

Retrouvez les interviews de Daniel Fontanellaz et de Dietmar Uebelmann, chefs de projet CFF, sur notre site : www.laregion.ch/region-tv/.

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